La descente du Mekong

Huay Xay : le passage frontière

Nous arrivons au post frontière, entassé à 6 dans le tuktuk avec les sacs. Première étape : demander nos visas pour le Laos. Déjà, le douanier nous explique qu'il serait plus avantageux de payer le visa en dollars et nous propose de "faire le change avec une commission moins importante que les charges que l'on paierait en décidant de faire le change ou un retrait à la douane côté Laos". Là, je laisse Romain faire, il maîtrise tout ces jeux financiers bien mieux que moi... Il décide de tenter le change avec ce douanier. Notre visa coûte 31 $ soit 1000 bath. Nous payons 200 bath de commission au douanier. Nous prenons un bus pour traverser le Mékong qui fait ici office de frontière entre la Thaïlande et le Laos. Arrivés a la douane du Laos, nous regardons le coût du change ou du retrait ... Ca nous aurait couté 1500 bath. Nous sommes gagnants ! De pas grand chose mais ça fait toujours plaisir de déjouer ce genre de piège ! Bien joué !

 

Nous récupérons nos visas et devons maintenant se faire déposer à l'embarcadère de Huay Xai. Il nous faut à nouveau un tuk-tuk. La machine est bien huilée : un tuk-tuk se présente. Il nous propose un prix, un peu élevé bien sur. Nous refusons et attendons le prochain tuk-tuk. Sauf qu'il n'y a pas de prochain tuk-tuk tant que le premier n'est pas parti. Autrement dit, la négociation va être difficile... Romain aborde un couple de japonais, ils vont au même endroit que nous, nous pouvons donc partager les frais avec les néo-Zélandais et les japonais ! Nous retournons vers le chauffeur pour lui dire que nous sommes d'accord pour son prix mais que nous serons 8 et non 6. Cela ne change rien pour lui de toute façon. Et bien si, le prix augmente ! De plus, le chauffeur joue la montre, il sait que nous avons un bateau à prendre et que si nous le loupons, il nous faudra attendre là jusqu'au lendemain. Et il n'y a absolument rien autour du post frontière... Après une lutte acharnée de Romain, nous obtenons un prix, certes toujours trop élevé, mais un prix convenable quand même ! Nous sommes tous d'accord, chargeons les sacs sur le toit du tuk-tuk et montons dans la caisse. Et là, le chauffeur nous réannonce le prix de départ...! Nous commençons à nous agacer. Nous obtiendrons finalement qu'il réabaisse son prix et partons pour l'embarcadère. C'est pas gagné, il nous reste encore à acheter nos billets de bateau et du ravitaillement car il n'y aura rien sur le bateau !

 

Arrrivé à l'embarcadère, il nous faut un ATM pour payer le bateau en Kips (1 euro = 11000 kips).

Le temps nous est compté, nous partons en courant vers le distributeur. Enfin en courant comme on peut avec 15kg de sac et un soleil de plomb. Finalement nous trouvons le distributeur et en plus il accepte notre CB. Ouf !! reste à prendre les tickets et monter dans le bateau dans les premiers pour avoir les places les plus loin du moteur. Il faut également prevoir de quoi boire et manger avant d'embarquer. On est large...

 

Nous montons sur le bateau. L'aménagement au système D nous amuse ! Nous serons donc installés sur des sièges récupérés dans des bus en ruine. Les sièges ne sont pas fixés au sol et manquent de tomber sur les voisins de derrière dès que l'on se lève. Les toilettes doivent être issus d'une récup aussi... On ira... Si l'envie est vraiment très pressante !!

C'est spartiate, mais tellement authentique ! Et l'authentique a son charme.

Juste devant le gouvernail (qui lui n'est pas issu d'une récup heureusement !), sont disposés des fleurs, des gri-gri colorés, et une photo de bouddha. Nous retrouvons ces petites offrandes dans tous les transports que nous prenons dans cette partie de l'Asie, du tuk-tuk au bateau en passant par les taxis...


6h de bateau lent sur le Mékong... On découvre ses berges par endroit totalement sauvages... Et puis, de temps en temps, on devine un petit village laotien dans ses feuillages... Tantôt des buffles sauvages prenant un bain dans ses eaux marrons et polluées... Tantôt des enfants qui improvisent un toboggan nautique dans la boue... Et puis on s'endort, bercé par le clapotis de l'eau, oubliant le bruit imposant du moteur...

Pakbeng

Nous arrivons à Pak Beng en fin d'après-midi. Nous apercevons au loin quelques rabatteurs qui nous attendent sur le débarcadère avec des panneaux présentants des photos de leur guest house. Ils ne nous laissent pas le temps de descendre du bateau et s'agglutinent autour de nous en nous montrant les photos et en criant "cheap cheap !". Ils ne sont pas méchants mais insistants. Après avoir posé nos affaires, nous partons à pied dans le petit village de Pak Beng. C'est simple, il y a une rue principale bordée de petites maisons, échoppes, restaurants et guest house.

 

Nous retrouvons le couple de Japonais avec lequel nous avions partager un tuk-tuk le matin même. Masa et Harumi cherchent le marché de nuit dont ils ont entendu parler. Ils nous montrent leur plan et Romain essaie de les aider.Au bout de 10 minutes, arrivant presque au bout du village, nous faisons demi tour, intrigués de ne pas trouver ce marché. Romain reprend la carte de Masa et s'aperçoit qu'il s'agit en fait de la carte de Luang Prabang, notre terminus ! Et nous comprendrons plus tard qu'ils pensaient être arrivés à Luang Prabang et qu'ils n'auraient donc pas repris le bateau le lendemain !! En bon japonais, ils se sont excusés une dizaine de fois et nous ont remercier tout autant ! Nous passerons la soirée avec eux.

 

Mékong : 2ème jour

Nous ne sommes pas sur le même bateau mais nous retouvons le même système d'aménagement "récup de bus" ! Et nous retrouvons aussi le Mékong, ses berges sauvages et exotiques, et ses déchets flottants sur son lit.

Durant le trajet de la veille, j'ai vu mon voisin de devant, un laotien, jeter sa canette de sprite dans le Mékong après l'avoir terminée. Spectacle choquant pour nous... Mais tout à fait normal pour eux. C'est là que l'on mesure les efforts qui ont été fait chez nous et la sensibilisation à la protection de l'environnement. On se dit que même si ça n'est pas encore gagné, il y a du chemin de fait. Car dans ces pays d'Asie, la considération pour l'environnement est quasi inexistante... Et pourtant, les paysages sont beaux et la végétation luxuriante.

 

Toutefois il est difficile de les blamer car le Laos (et l'Asie du Sud en général) est un pays pauvre où malheureusement les gens ont des priorités plus terre à terre. Il est facile pour nous de juger ce genre d'habitude alors que le developpement et l'industrialisation de notre pays s'est souvent fait au détriment d'une écologie dont nous sommes aujourd'hui les "fervents" défenseurs... Il vaudrait mieux dès lors les accompagner dans un developpement propre (ou moins sale) plutot que de se placer en donneur de leçons.

 

Luang Prabang et la mafia Tuktuk

Nous arrivons à Luang Prabang autour de 16h. Évidemment, le bateau ne nous débarque pas à Luang Prabang centre, mais à 10km, dans un endroit où il n'y a rien, excepté des tuk-tuk qui nous attendent et un bureau de vente de tickets pour prendre un tuk-tuk. Et ici pas moyen de négocier, les prix sont fixés à 20000 kips par personne. Pas le choix nous devons payer le prix. Encore une fois, business is business, pas de pitié pour le touriste!

 

Mais dans tout malheur, Il y a toujours une part de positif : cette mésaventure nous permet de partager le Tuktuk avec le couple de français croisé le matin même à Pakbeng. Nico et Sonia vivent à La Réunion depuis 5 ans et s'apprêtent à rentrer en Métropole après un voyage de 2 mois en Asie.

 

Nous sympathisons avec eux et partons ensemble à la découverte du night market de Luang Prabang. Une centaine de stands vendant des articles plus ou moins artisanaux remplissent la rue principale.

Nous nous engouffrons dans une petite ruelle où il est possible de manger pour 10000 kips (90 centimes d'euros). C'est en fait un buffet avec différents plats locaux. Il faut remplir l'assiette au maximum, chaque assiette vaut 10000 kips. Sauf que le stand est en place depuis plus de 4h par 40 degré avec une bonne trentaine de mouches qui agrémentent l'ensemble. Bon test pour voir si l'estomac est acclimaté. Finalement ce sera même assez bon et sans effets secondaires néfastes à la magie du couple...

 

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Commentaires: 1
  • #1

    Lélé (lundi, 02 juin 2014 16:02)

    Ah! la fameuse petite rue de "food" du night market, bien joué!!! et... le fameux T-shirt 27 ;)

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