La visite d'Angkor

En route vers Angkor

Romain :

Réveil bien matinal : le tuk-tuk nous attend à 4h30 devant l'hôtel. La journée doit commencer par un lever de soleil sur Angkor Wat, rien que ça ! Encore tout endormis, nous récupérons notre petit déjeuner soigneusement préparé par le cuistot de l'hôtel, et montons à bord de notre tuk-tuk. C'est le même chauffeur qu'hier soir. Et nous voilà partis, dans la nuit et avec des températures encore supportables.

 

Nous devons bien sur nous acquitter du droit d'entrée de 20$ par personne pour obtenir le fameux sésame de circulation sur le site historique. Le site étant le principal point d'interêt touristique du pays, les entrées sont scrupuleusement vérifiées. Chacun sa part du portefeuille du touriste ici : les chauffeurs de tuktuk n'ont pas le droit de servir de guide de même que les guides ne font pas chauffeur. Et l'étranger ne peut pas louer un scooter à Siem Reap (pas plus mal sinon ce serait un joyeux b...)

Le circuit se fera donc accompagné par notre chauffeur de tuktuk qui se contentera de nous amener aux différents points remarquables du site.

 

plan d'Angkor
plan d'Angkor

L’histoire d’Angkor est fascinante à plus d’un titre, tant par sa construction que par sa "re-découverte" vers la fin du XIX siècle. 

Le premier arrêt passe par l'inévitable lever de soleil sur Angkor Vat (en même temps nous sommes la pour ça). Il y a déjà pas mal de touristes, appareils photo dégainés le long d’un muret surplombant les douves qui entourent le temple. Nous apercevons les 5 célèbres tours, symbole du pays, présentes sur le drapeau national. Et sur la droite, le soleil qui se lève derrière le toit d'une autre partie du temple... Le paysage est irréel, avec par moment des vols d’oiseaux qui lui confère une aura mystique. Une fois rassasiés du spectacle du lever de soleil (et du petit déjeuner), nous passons les douves et pénétrons dans l’enceinte du temple.

Angkor Vat

Derrière la porte de l’éléphant se trouve un long passage (environ 300m), la Voie Sacrée, qui relie l’entrée principale à la terrasse d’honneur du temple. Il a beau être 5h du matin, l’endroit est déjà bondé de visiteurs. Dommage, cela dénature le charme des lieux. Mais nous pouvons imaginer la vie qui y régnait il y a 800 ans en arrière. L’escalier du temple est gardé par des statues de lions à la croupe vraiment rebondie, à se demander si les moines du coin n’avaient pas des tendances zoophiles…

La première terrasse, qui était probablement la seule accessible aux pèlerins, ne présente aucune vue sur l'intérieur du temple, si ce n'est par ses portes d'accès. Les murs sont en revanche ornés de bas reliefs représentant les grandes batailles de Vishnou et visant à instruire les khmers sur le culte brahmanique, à l'instar des vitraux dans les cathédrales européennes. Une multitude de détails accompagne chaque centimètres carrés de ces gigantesques fresques. Nous y voyons également une partie du règne de Suryavaman II, le roi qui fit batir Angkor Vat au milieu du XIIe siècle.

Nous passons ensuite la porte d'accès pour entrer dans la cour intérieure du temple, qui est en fait la deuxième terrasse. Celle ci est délimitée par quatre tours dans chaque coin. Le lieu était coupé de l'extérieur, surement pour offrir aux moines un recueillement plus profond, loin de l'agitation des pélerinages autour du sanctuaire. Malheureusement, nous ne pourrons accéder à la troisième terrasse car un nettoyage de la tour sanctuaire principale est en cours. Nous pouvons toutefois admirer les multiples détails taillés sur les tours, symbole de la quintessence de l'art Khmer.


Parmis les différentes sculptures, des femmes dansant seins nus sont souvent représentées. Il s'agit de Devata et Apsara, respectivement nymphes et danseuses célestes qui accompagnent les héros morts au champ de bataille. Ces femmes, de demi taille humaine, sont toujours de face, uniquement vêtues de bijoux et d'un pagne, comme si leur beauté ne pouvait tolérer la grossièreté d'un autre vêtement. La tradition veut que l'on caresse l'un de leur magnifiques seins rond au passage. D'ailleurs, certaines sculptures ont déjà un aspect patiné sur leur poitrine. Avec le développement du tourisme, les milliers de mains lubriques risquent d'accélérer l'érosion de la pierre...

Vers 7h, le temple est littéralement pris d'assaut par des hordes de touristes qui envahissent les lieux par flux réguliers de cars. Il est temps pour nous de fuir cette foule qui donne un côté Disneyland au Vat.

 

Angkor Thom

Nous rejoignons notre chauffeur pour nous rendre dans Angkor Thom, l'ancienne citadelle de 9 km². Au passage, vu l'immensité du site, oubliez vite l'idée de le faire à pied. Ce sera soit un tuktuk (environ 12$ la journée) soit un vélo pour les plus motivés. Nous franchissons la porte sud d'Angkor Thom pour rejoindre le temple du Bayon, au centre. À l'entrée, nous remarquons que les géants de pierre qui gardaient les portes ont presque tous perdus leur tête, soit volée, soit détruites lors des invasions de la cité Khmer. Premier constat par rapport au Vat, la végétation est beaucoup plus présente et sauvage ici.

 

 

porte sud Angkor thom
porte sud Angkor thom

Bayon

Le Bayon est surement l'un des plus impressionants monuments d'Angkor. Il possède un aspect unique et extraordinairement pittoresque avec ses tours à visages qui se superposent dans un désordre apparent. Ils représentent Jayavarman VII omniscient et surveillant les quatres coins du pays. À chaque recoin du Bayon surgit un de ces visages avec son étrange sourire. Emilie me fera part de ses talents d'escalade avec une petite session sur les escaliers d'une des tours d'enceinte. La montée se fera sans trop d'encombres mais la descente lui vaudra son pesant d'émotions fortes (et moi de rires étouffés !). Ils avaient quand même des difficultés à faire des escaliers "safe" à l'époque. 

Bien sur le temple-montagne n'echappe pas aux attractions de danses anciennes et de tours en éléphants. Malgré le côté commercial de ces activités, nous arrivons à imagnier la vie qui pouvait régner autrefois ici. Les murs sont décorés de fresques de batailles et de vie quotidienne du palais. Certaines relatent même la mort du roi qui a contracté la lèpre en se battant avec un boa (merci le petit futé téléchargé sur l'Ipad).  Incontournable!

Baphuon

Le temple de Baphuon est de type pyramidal avec 5 gradins. Lors de sa "découverte" en 1908, il était tellement envahi de végétation qu'il était impossible de le dégager sans faireécroulerl'ensemble. De plus, ce temple construit en 1060 regorge de malfaçons et est posé sur un sol sableux, ce qui rend la structure instable. 
Il fut donc entrepris de le démonter pierre par pierre pour lui confectionner une base plus solide puis de le remonter à l'identique. Sauf qu'en 1970, les Khmers rouges ont pillé l'endroit et détruit les plans d'ensemble. Il a fallu attendre le début des années 2000 pour qu'un informaticien développe un programme permettant de remodéliser le temple. 
Aujourd'hui Baphuon a retrouvé une partie de son lustre d'antan. Nous pouvons voir des numérotations sur certaines pierres, preuve du puzzle géant qui se joue ici. Il est 11h, le soleil commence à se faire très violent et la moindre parcelle d'ombre est squattée par des essaims de visiteurs. L'ascension du temple est assez raide mais du coup nous sommes plutôt seuls (à suer comme des bêtes). La vue vaudra quand même les litres d'eaux perdus. 
Nous passons ensuite sur la partie arrière du temple pour découvrir les reste d'un bouddha allongé qui occupe tout le flan du temple. Superbe avec la végétation environnante. 

Le palais royal

Un chemin d'accès permet ensuite de rejoindre le palais royal en passant par un mur d'enceinte où la roche s'est effondrée sous l'assaut des racines de fromagers. 
Le palais royal compte 5 bassins et un temple pyramidal, Phimeanakas, que nous gravirons, non sans mal étant donné l'état des marches et le soleil qui est maintenant à son zénith. Au sommet se trouve une sorte de chapelle ou se déroulait l'union entre le roi et Nagi, la reine serpent. Aujourd'hui c'est plutôt des cambodgiens qui vous mettent des bâtons d'encens dans la main et vous demandent une contribution qui ne doit sûrement pas aller dans les caisses du parc national. Mais la vue vaut également le détour. 

Nous rejoindrons ensuite la partie est du palais pour passer sur la terrasse des éléphants. Ce parvis est sculpté d'une immense frise représentant un défilé d'éléphants, dont certains en taille réelle. C'est l'entrée principale du palais royal, et pour nous la sortie, le temps de trouver notre tuktuk pour poursuivre la visite sous un soleil de plomb. 

Thommanon

Le Thommanon n'est peut être pas le plus impressionnant temple d'Angkor mais il est sur le chemin du retour donc autant y faire une halte. En plus, il est plutôt désert ce qui est une opportunité ici. Par contre, à peine le pied posé hors du tuktuk, nous voilà assaillis par des hordes d'enfants qui veulent nous vendre des bibelots, cartes postales ou boissons. Nous avions été prévenus par l'hôtel, il faut éviter d'encourager ces "ventes" ou mendicité car les riels donnés aux enfants sont récupérés par les "grands frères". D'ailleurs nos assisterons à une scène de ce genre en arrivant au Taphrom. 

Pour l'instant nous pouvons profiter du calme de ce temple, qui plus est légèrement ombragé. 

Taphrom

Le temple du Taphrom est le plus représentatif de ce qu'était Angkor au moment de sa découverte au début du 20ème siècle. La végétation a été laissée telle quelle et les racines des fromagers ont pris le pas sur les constructions des hommes. 
Nous traversons le chemin d'accès vers le temple, en slalomant entre les visiteurs et les marchands ambulants. Si nous avions trouvé qu'il y avait du monde à Angkor Vat ou Bayon, ce n'est rien comparé à Taphrom. Nous pensions être tranquilles pendant l'heure du repas mais apparemment nous sommes beaucoup à avoir eu la même idée. 
Ce temple est également connu pour avoir accueilli plusieurs tournages, dont le dernier, Tomb Raider, lui a assuré une célébrité mondiale. 
Et effectivement cela vaut le coup d'œil. La forêt tropicale s'infiltre inexorablement dans les moindres failles des murs pour les déplacer comme des fétus de paille. La lumière filtre au travers des feuillages denses, apportant encore plus de cachet à cet édifice perdu dans la jungle. Mais la marche en avant du tourisme gâche le plaisir de se prendre pour un aventurier car ici pas de place pour se sentir perdu, puisque tout le monde le fait...
Nous traversons les multiples couloirs et cours du temple sans jamais se retrouver seuls. Il est même quasi impossible de prendre une photo tranquillement. Vraiment dommage car l'endroit est magique, lorsque les bruits de la jungle prennent le dessus sur les conversations des visiteurs. 
Des racines de fromagers coulent le long des murs, les arbres sont gigantesques. Difficile de croire qu'au XIIe siècle, plus de 12000 personnes vivaient ici. 

Émilie :

Aux environs de 13h, lachaleur devient insupportable. Ajoutée à la fatigue, nous peinons à nous trainer et nous asseyons à l'ombre dès que l'occasion se présente. Déjà 8h de visite !

Il est temps de rentrer. Bien sur, nous sommes loin d'avoir tout vu, d'ailleurs il existe des entrées 3 jours pour pouvoir visiter un maximum des vestiges d'Angkor. Mais nous avons vu le principal de ce que nous voulions voir et sommes ravis de ces découvertes. D'un autre côté, l'affluence massive de visiteurs dénature le charme des lieux, qui s'apparente de plus en plus à un parc d'attraction. Sachant que le nombre de touristes est en croissance de 20% par an, cela risque de poser un vrai problème pour la sauvegarde de ce patrimoine exceptionnel qu'est Angkor. D'autant plus que la ville de Siem Reap vit exclusivement de ce tourisme de masse, il risque d'y avoir rapidement un conflit d'intérêt entre les locaux affamés et les autorités (corrompues???) qui gèrent les lieux.

 

Mais en ce qui nous concerne, c'est la tête pleine d'images que nous remontons dans le tuk-tuk, direction l'hôtel ou plus précisément, la piscine de l'hôtel !

 

Nous y passerons le reste de l'après-midi, alternant sieste sur les transat et plongeons (presque) rafraîchissants.

 

Puis, à 16h30, nous repartons à bord de notre tuk-tuk pour voir, cette fois-ci, le coucher de soleil sur Angkor. La journée a commencé avec Angkor, elle finira avec Angkor ! Sur les petites routes qui sillonnent Angkor, nou scroisons quelques courageux qui ont fait la visite du site à vélo.

 

Le tuk-tuk nous arrête au pied d'un chemin qui monte. Nous grimpons pendant 20mn et arrivons au sommet du temple Phnom Bakheng, où sont déjà installés une horde de touristes. Le ciel est couvert et l'emplacement, bien que surplombant Angkor Tohm, ne nous offre pas un spectacle exceptionnel au moment du coucher de soleil. Mais soit, nous apprécions le vent qui souffle au sommet de ce temple et c'est déjà pas mal !

Soirée à Pub Street

Fidèle au poste, notre tuk-tuk nous attend en bas. À chaque fois qu'il nous voit apparaître, il s'avance vers nous pour éviter que nous le cherchions ! On commence à s'y attacher !

Nous sortons d'Angkor et lui demandons de nous déposer dans le centre de Siem Reap, dans une rue appelée "pub street". Et elle porte bien son nom, la rue ! Toute illuminée, très animée, elle regorge de bars et de restaurants. Nous faisons donc le parcours classique : visite du quartier, arrêt apéro dans un bar et dîner sur la terrasse d'un petit resto plein de charme, dans lequel nous mangerons d'ailleurs très bien : Amok (qui est aussi le nom d'une spécialité cambodgienne).

 

Repus, nous retournons flâner dans les rues toujours aussi animées. On y trouve de tout : vente de plats à emporter, petits stands de vêtements, massages de rue, étals de fruits, et même d'araignées et cafards grillés !! Curieux, Romain souhaite goûter une araignée. Mais le vendeur semble se payer notre tête sur le prix. Qu'à cela ne tienne, nous passons notre chemin, des insectes grillés, il y en a partout dans cette partie de l'Asie ! D'ailleurs, sur ce stand, ils vous font même payer si vous prenez une photo des insectes grillés !!

 

Nous troquons alors l'expérience "manger une araignée" contre une expérience "massage de rue". Perso, je préfère ;-)

Une ou deux personnes se mettent en face du "salon de massage" sur le trottoir avec un panneau annonçant les massages. Ils proposent, par exemple, des massages de mains, de pieds, de visages, allant de 10 minutes à 1 heure. Derrière eux, une dizaine de masseurs et masseuses discutent en attendant le client, assis sur des petites chaises en plastique.

Conscients des efforts que nous demandons à nos pieds depuis le début du voyage, nous acceptons un massage de pieds de 10mn pour 1€. Nous entrons dans le salon dont la vitrine est totalement ouverte sur la rue. On nous installe sur des sièges inclinés à environ 120°, sur une rangée d'au moins 10 sièges. D'autres clients sont déjà installés, en mode loques, presque endormis ! Les masseurs sont plutôt jeunes. Je ne donne pas plus de 16 ans à la mienne. Installés sur un tabouret à l'extrémité de nos sièges, ils posent une serviette sur leurs genoux, commencent par nettoyer nos pieds avec une serviette humide en prenant soin de faire craquer chacun de nos doigts de pieds. Et pour les récalcitrants, on insiste un peu. Les massages thaï sont connus pour être énergiques. Puis, ils prennent une bonne quantité de crème huileuse et commencent le massage. Ils appuient leurs doigts à certains endroits du pied, tapotent, massent... Puis, ils prennent une serviette propre, essuie le surplus de crème, et un nouveau petit craquage de doigts de pieds pour finir.

10 mn qui ont fait beaucoup de bien à nos petons, ils ne marchent plus, ils flottent au dessus du sol !

 

Nous pouvons maintenant rentrer à pieds jusqu'à l'hôtel !

 

La ville de Siem Reap, ou en tout cas cette partie de la ville, est assez développée pour une ville cambodgienne. Et son développement n'est pas terminé, des travaux sont en cours à tous les coins de rue. Parfois, on oublierait presque qu'on est au Cambodge, avec tous ces complexes hôteliers et la mise en valeur du canal qui traverse la ville. Elle doit, bien sur, son expansion à Angkor.

 

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