Koh Lanta

Denis Brogniard, où es tu??

Nous arrivons à Koh Lanta en fin d'après -midi. Comme promis, la gérante de notre guest house est venue nous chercher. Nous discutons un peu avec elle. Elle est souriante et semble très sympathique.

 

Nous arrivons à la Lanta DD House. Une petite allée en terre mène à deux maisonnettes qui semblent être toutes récentes. La 1 ère maison est celle des gérants et la seconde abrite 4 chambres d'environ 20m2, disposant chacune d'une petite terrasse avec 2 chaises et une mini tables en plastique. Les chambres sont charmantes, bien équipées et sentent bon le propre !

 

Désormais, par sécurité, nous réservons toujours pour une nuit et, une fois sur place, nous prolongeons si la chambre nous convient.

Nous avons prévu de passer 3 jours à Koh Lanta et il ne fait nul doute que nous élirons domicile ici pour les 3 prochaines nuits !

D'ailleurs, la gérante nous fait une remise de 60 bath sur les 2 nuits suivantes !

 

Pour la fin de journée, nous allons voir la plage qui se situe à 400m de la guest house. En chemin, nous voyons un panneau indiquant le chemin d'évacuation en cas de tsunami. Depuis le drame de 2004, les îles les plus touchées et les plus exposées ont été équipées de dispositifs d'alerte au tsunami. Car en décembre 2004, si les gens avaient pu être prévenus à temps, ils auraient pu disposer d'une heure pour se mettre à l'abri et des centaines de milliers de vies auraient pu être sauvées...

 

Nous arrivons face à une jolie plage bordée de bars et de restaurants. Basse saison oblige, ils sont soit ouverts mais sans un seul client, soit fermés ! Après avoir admiré un magnifique coucher de soleil sur la plage, nous nous installons sur la terrasse d'un restaurant en bord de mer où nous mangeons d'ailleurs très bien ! Et, fait assez rare pour être souligné, nous sommes bien reçus et servis en même temps ! Parce qu'il faut savoir que dans la plupart des restaurants, bars ou commerces en Thaïlande, on ne vous dit pas forcément "bonjour / merci / au revoir" et il n'est pas rare que l'un soit servi seulement quand l'autre vient de finir son plat...

 

Lanta old Town

Que les nuits au calme et dans un bon lit sont réparatrices !

Nous achetons de quoi manger au 7/11 juste à côté et improvisons un petit déjeuner sur notre terrasse. Il fait beau et déjà chaud mais ce moment n'en est pas moins agréable.

 

Nous décidons tout de même d'attendre le début d'après midi pour partir à la découverte de l'île.

Nous louons un scooter à la guest house et partons en direction du sud de l'île, côté bord de mer.

 

Les routes sont assez tranquilles, bien qu'un peu défoncées par endroit.

La proximité avec la Malaisie se fait sentir : nous croisons ici de nombreuses femmes voilées.

 

Nous nous arrêtons dans un petit restaurant en bord de route où nous sommes accueillis avec le sourire ! Un vrai sourire, authentique et qui n'attend rien en retour. On prend même le temps de parler un peu avec nous. Il y a longtemps que nous attendions de revoir un tel sourire. Dans de nombreux endroits, l'essor touristique a eu raison de l'authenticité des gens et si on ne sort pas un peu des sentiers battus, on ne peut pas vraiment garder un bon souvenir de l'accueil et de l'attitude des gens.

Comme nous l'avions lu et entendu, Koh Lanta est un peu plus sauvage et les gens y sont plus cool. Mais à en voir les nombreux hôtels et resort en construction, ça ne durera sûrement pas... D'ici la prochaine saison haute, des dizaines d'hôtels flambant neufs seront sortis de terre.

 

À quelques centaines de mètres du restaurant, nous nous arrêtons sur une plage. Nous y sommes presque seuls. Nous prenons le temps de marcher un peu les pieds dans l'eau. Le sable est fin, l'eau est chaude. Mais toujours pas de baignade pour moi..! Nous nous contentons du plaisir des yeux !

 

Nous reprenons la route et après un autre arrêt plage et un pour l'essence (ah le super dans les bouteilles de whisky), nous décidons d'aller jusqu'à Lanta Old Town. La route bordée d'une végétation luxuriante et offrant de temps en temps de superbes panoramas sur la mer, rend la balade vraiment agréable

 

Lanta Old Town est en bord de mer. Nous sommes peut-être les seuls touristes à être venus ici aujourd'hui ! Et excepté un groupe de thaï jouant au foot, nous croisons très peu de monde.

Une route principale traverse la petite ville. Sur les côtés, quelques petits magasins, bars et restaurants, fermés pour la plupart.

Le jour faiblit et nous hésitons à rester pour manger. C'est une femme nous faisant signe d'entrer dans son restaurant qui nous décidera. Bonne surprise ! Nous entrons dans le restaurant, traversons un ponton et arrivons sur la superbe terrasse surplombant la mer. À marée haute, nous aurions été juste au dessus de l'eau.

 

Cette soirée restera un moment inoubliable. Car, après être restés plusieurs jours sans nouvelle de nos familles à cause du faible wifi sur les îles, nous avons réussi à les joindre en Skype et c'est dans ce magnifique décor que ma sœur m'annoncera qu'elle est fiancée et qu'elle souhaiterait que je sois témoin lors de son mariage prévu l'été prochain... Toutes ces émotions, la beauté et le tranquillité de cet endroit nous donneraient envie de prolonger l'instant... Mais la nuit est tombée et il faut maintenant rentrer ! Nous reprenons la route et roulons de nuit. Ambiance dolce vita ! 

Un petit tour de spéléo! un!

Aujourd'hui nous explorons la partie Est de l'île. La mangrove descend jusqu'à la mer et empêche l'accès à la baignade. Nous prenons donc de la hauteur et profitons d'un restaurant avec terrasse pour profiter de la vue sur la baie.

Nous nous rabattons alors sur une grotte à visiter dans le centre de Koh Lanta, ce qui nous permettra d'être au frais pendant les heures chaudes de l'après midi.

Pour atteindre les grottes, nous empruntons un chemin de terre dans la jungle. Nous arrivons à un "parking", où nous sommes accueillis par un jeune homme. Il nous montre quelques photos de la grotte et nous explique que la visite dure environ 2 heures, car il faut d'abord marcher 30 mn dans la jungle avant d'atteindre les grottes et refaire ce chemin au retour. Mon état suite à mon opération s'étant nettement améliorée, je me dis que c'est l'occasion de reprendre tranquillement une activité physique.

 

Un guide doit nous accompagner. Nous l'attendons un moment puis partons sur un sentier dans la jungle. Nous arrivons devant deux hommes auxquels il faut payer un droit d'entrée car cette forêt fait partie du parc national de Koh Lanta. Soudain, le chemin devient étroit et il nous faut grimper un passage assez raide. Nous croisons ici un groupe qui revient des grottes. Leur guide remet des lampes frontales au notre et les personnes que nous voyons passer sont couvertes de boue ?!?

Je commence à craindre pour mon ventre. Une activité physique, d'accord, mais en douceur pour commencer..!

 

La suite du chemin qui mène aux grottes est une véritable aventure... Au menu, pierres glissantes, traversée de petits cours d'eau, grosses araignées, début d'attaque de moustiques...

 

Puis nous arrivons à l'entrée des grottes, en nage ! Le guide nous demande de mettre nos frontales et nous indique l'entrée de la grotte. Il s'agit en fait d'une sortie spéléo ?!!

Il y a de gros rochers et nous devons descendre par une échelle en bambou par une étroite ouverture entre deux rochers.

 

Nous voilà plongés dans le silence et dans le noir avec pour seuls repères, les faisceaux de lumière de nos frontales. Il fait frais mais encore humide. Il faut être prudents, la plupart des passages sont glissants. Le silence est tellement profond, que nous nous mettons à chuchoter sans même réfléchir. Nous traversons des galeries souterraines, creusées par les eaux calcaires. La force de la nature nous impressionnera toujours. Nous montons une échelle, en descendons une autre, traversons de petits ponts en bambou. Et puis nous croisons d'autres araignées et bestioles locales, que le guide s'amuse à toucher en nous disant "Baby ! Baby !", en désignant d'énormes monstres.

 

Pour terminer la visite, il nous faut passer dans un endroit encore bien plus étroit que les autres. Je comprends maintenant pourquoi le groupe que nous avons croisé tout à l'heure était couvert de boue : nous devons ramper sous la roche pour passer dans les dernières galeries. Claustrophobes, s'abstenir... Nous passons dans une galerie un peu plus vaste. Le guide nous propose de prendre deux minutes pour en faire le tour. Captivés par ce que nous voyons, nous ne remarquons même pas que le guide a disparu. On ne voit plus la lumière de sa frontale ! D'abord un peu apeurée, je devine qu'il doit certainement s'offrir un moment de jubilation en faisant cette petite blague aux visiteurs ... Et en effet, je le vois caché derrière un gros rocher, sourire aux lèvres ! Ah bravo ! Quels sournois ces thaï !!

 

La dernière galerie dans laquelle nous passons est certainement la plus mystique. Après être entrés par un nouveau passage un peu étroit, nous levons la tête et voyons au-dessus de nous des dizaines de chauve souris, dont certaines s'envolent en nous entendant. Décidément, mes émotions sont mises à rude épreuve ! Si vous voulez un rendu réél cliquez ici.

 

Nous montons une dernière échelle en bambou et retrouvons la lumière du jour et la chaleur. Surprenante cette visite. Nous qui pensions visiter tranquillement une petite grotte ! En tout cas, mon ventre ne me fait pas mal, c'est plutôt bon signe ! 

Nous retournons à la case départ et remarquons que la maison où vit notre guide avec sa famille se trouve juste là, en pleine jungle ! C'est une de ces maisons en bois construites sur pilotis. Son fils est en train de jouer dehors et cours après des poulets sous la maison ! C'est amusant de s'imaginer la vie qu'ils peuvent mener ici, un peu coupés du monde, loin des villes, avec un mode de vie très campagnard. Vivre sous les palmiers, croiser des singes et des serpents, ne jamais voir de neige ! Tout ce qui pour nous, représente l'exotisme et l'éloignement de notre pays. Ces choses qu'on ne voit que dans des magazines ou des reportages existent vraiment et c'est même le quotidien de milliers de gens ! Cela nous fait une drôle d'impression !

 

Nous voilà repartis sur notre scooter. Nous comptons aller tout au sud de l'île, dans le parc national.

La route traverse des kilomètres de jungle verdoyante avec de temps en temps, une superbe vue sur la mer.

 

Puis nous arrivons à l'entrée du parc national. Pour pouvoir continuer, il faut payer le droit d'entrée à des hommes postés ici. Nous leur expliquons que nous avons déjà payer au moment de la visite de la grotte, mais ils ne veulent rien savoir. Il faut à nouveau payer. Un peu déçus, nous décidons de faire demi-tour. Nous nous arrêterons pour manger quelque chose avant de rentrer.

Nous apercevons au loin un drôle d'animal traverser la route. Nous nous arrêtons à sa hauteur et découvrons 4 ou 5 singes sur le bord, certains cachés sous le rail de sécurité, d'autres en train dans les arbres ! Et l'un d'entre eux a même un bébé qu'il sert contre lui ! Nous sommes émerveillés !! Finalement, nous ne regrettons pas d'avoir fait demi-tour.

Nous rentrons tranquillement... Et dire que demain il faut déjà quitter Koh Lanta... Nous nous sentons bien ici ! Nous avons été séduits par le calme et le côté sauvage de l'ile et par l'authenticité et l'accueil de ses habitants. C'est ce que nous attendions de la Thaïlande et que nous n'avons malheureusement pas vraiment trouvé jusqu'ici.

On the road to KL

C'est le cœur un peu lourd que nous prenons notre dernier petit déjeuner sur la terrasse de notre chambre au Lanta DD House. Pour l'occasion, la gérante nous a même prêté une bouilloire, car elle a vu Romain aller chercher de l'eau chaude tous les matins au 7/eleven !

La veille, au moment de régler notre note, elle nous a accordé des remises sur la location du scooter et la laundry. Sachant qu'elle nous avait déjà baissé le prix de la chambre pour les 2 dernières nuits ! Nous n'imaginions pas que l'on puisse faire de tels cadeaux en Thaïlande, les gens sont tellement avides d'argent !

 

Les au revoir fait, nous partons vers la petite station de bus dans un tuk-tuk local que nous n'avions pas encore testé : le tuk-tuk "side car". Il s'agit d'une petite chariote accrochée sur le côté du scooter. Le conducteur a emmené sa fille avec lui. Elle doit avoir 4 ou 5 ans, est assise derrière son père et nous regarde, intriguée et imperturbable !

Depuis cette petite station de bus, nous partons ensuite en minivan pour la ville de HatYai, 3ème plus grosse ville de Thaïlande. De là, nous prendrons un bus pour Kuala Lumpur puis un avion de Kuala Lumpur à Sumatra, là où commencera l'aventure indonésienne.

 

Comme toujours, le trajet est ponctué de montée d'adrénaline négative... Les chauffeurs de minivan sont pire encore que les chauffeurs de bus. Il faut dire que ces minivan sont assez puissants et la règle doit certainement être de ne jamais freiner. Un véhicule gêne, on le double. Et si quelqu'un arrive en face ? Il se pousse, on passe à 3. Nous sommes toujours soulagés au moment où nous pouvons enfin descendre de ces véhicules endiablés.

HatYai est une ville plutôt repoussante, sans couleur, assez sale et bruyante (une bonne ville thaïlandaise se doit d'être bruyante et désordonnée), typique de la ville frontière où les Malaisiens viennent faire des emplettes à moindre coût pour eux. Nous faisons le tour des guest house et nous tournons assez rapidement vers un hôtel. près de la station de bus où nous devons nous rendre demain pour un bus de nuit vers Kuala Lumpur.

 

Nous tentons une sortie shopping dans le centre commercial du coin mais repartons bredouilles : on y trouve, certes, mais aux mêmes prix qu'en France et avec un accueil qui laisse franchement à désirer. La plupart des vendeurs nous regardent en ricanant, se font des messes basses à notre passage, répètent entre eux d'un ton moqueur ce qu'on leur dit en anglais sans aucune discrétion. Et les autres, visiblement très ennuyés par leur travail, se servent des miroirs destinés aux essayages des clients pour se scruter le visage et éliminer quelques comédons et autres petites imperfections cutanées !! On ne peut s'empêcher d'imaginer ce que de tels comportements pourraient donner en France !

Par conséquent, les magasins, on arrête.

 

Le lendemain, après avoir acheté nos tickets pour le bus de nuit, nous passons la journée au B´s Sweet restaurant (il y a du wifi), en mode efficaces : écriture de nos dernières aventures, check des assurances voyage (l'assurance de nos CB expirant bientôt), Skype avec les amis ou la famille...

 

18h30, nous montons dans le bus. Bien plus reluisant que le bus couchette pour le Vietnam, ce bus est propre, pas de couchette sur 2 niveaux, juste des sièges qui se couchent avec un repose pied qui se relève sous les jambes. On se sent bien plus à l'aise et le chauffeur n'entre pas dans le top 5 des pires qu'on ai eu jusqu'à présent. C'est finalement un passager qui rendra la fin de ce voyage un peu flippant...

Vers 3h du matin, un malaisien d'une soixantaine d'années, avec lequel nous avions sympathiser avant de monter dans le bus, se met à pousser des cris aigus du genre "wooouuuh ! Woooouuuuh". Romain, en plein en train de regarder la fin d'un match de foot sur internet, pense que le malaisien fait de même, et pousse des cris de joie. Mais pas du tout ! Cet homme est endormi et pousse des cris accompagnés de sursauts pendant son sommeil. Il s'arrête un instant et reprend de plus belle. Cette fois, il se met à crier en anglais, mais sans articuler. Nous comprenons parmi ces cris "fucking woman in jail !! GET OUT !!". On dirait qu'il est possédé ! Tout le monde est maintenant réveillé, tous se tourne vers le malaisien. La fille assise juste devant lui prend peur et n'ose plus s'allonger sur son siège. La scène sur une vingtaine de minutes, jusqu'à ce que le bus arrive à destination. Il est 3h30 et nous devions normalement arriver vers 6h... Intrigué, Romain va vers le malaisien pour lui demander s'il va bien. Personnellement, j'avais plutôt envie de le fuir, il faisait vraiment peur... Mais finalement, l'homme, tout à fait calme, nous explique qu'il a fait un cauchemar dans lequel il était victime d'une femme qui lui voulait du mal. Et qu'il était assis sur une sorte de siège qui montait dans les airs et tombait dans le vide d'un seul coup (ce qui explique sûrement les "woooouuuuh ! wooooouuuuuh !"). Il n'a aucun souvenir d'avoir parlé ou crié. Puis, toujours calmement, il nous demande ce que nous allons faire maintenant, en pleine nuit dans Kuala Lumpur. Bonne question ! Nous voyons beaucoup de personnes dormant dehors. Soit nous faisons de même, soit nous trouvons une chambre d'hôtel pour finir la nuit... La solution est toute trouvée, ça sera hôtel bien sur, car même si nous nous sommes bien fait au rythme routard, nous ne nous sentons pas encore prêts pour ce genre d'expérience.

Nous finirons donc la nuit dans un hôtel... Pourri, mais au moins, on a un lit !

 

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