Banda Aceh

Retour à Lhoknga Riverside

C'est en milieu de matinée que nous retrouvons l'agréable terrasse du Lhokgna et pouvons enfin nous délecter des délicieux pancakes et jus de fruits frais de Chichi.

 

Le temps s'écoule lentement à Lhokgna... L'ambiance est détendue, le cadre est superbe, il fait bon et les hôtes sont tout simplement adorables. On se sent rapidement bien ici, comme si on était en famille ! Ca sera repos pour nous aujourd'hui, nous commencerons le kite demain. Je suis encore un peu inquiète pour mon ventre... J'ai peur qu'il soit un peu tôt pour reprendre une activité physique. Mais Régis me dit que les trois premières heures sont assez soft alors cela peut être un bon test.

Mais le lendemain, le ciel est tout gris et la pluie est au rendez-vous... Selon Régis, la météo n'annonce pas d'amélioration pour aujourd'hui... :-((

Nous prenons tous notre petit déjeuner tranquillement et restons là, sur la terrasse, à discuter. C'est drôle, même sous la pluie, cet endroit est toujours agréable et chaleureux.

 

Nous décidons de mettre à profit ce temps pour faire un après-midi visites.

Alice nous appelle un taxi. Seul petit hic : la voiture est prévue pour 7 personnes et nous sommes 8 !mais ce genre de problème est vite résolu en Indonésie ! Nous nous serrerons et monterons à 8 dans la voiture !

Sauf qu'après avoir savourer le succulent soto de Chichi (spécialité indonésienne sous forme de soupe aux légumes et au poulet) agrémenté de beignets de soja, de riz et de petits panés de pomme de terre, difficile de se faire petits dans la voiture !!

 

Les mémoires du tsunami

Ce musée est un grand bâtiment à l'allure moderne de l'extérieur. Et à l'intérieur, il est grand et très sombre. Nous devons d'abord traverser un couloir sombre et étroit et dont le plafond est très haut. De l'eau coule le long des murs et la musique diffusée fait penser a celle que l'on entend parfois près des mosquées. Ce couloir doit représenter la hauteur de la vague. On ne s'attarde pas dans ce couloir, il est vertigineux et glacial... Nous entrons ensuite dans une pièce, toujours très sombre, dans laquelle sont installés des sortes de pupitres. Sur ces pupitres, des écrans diffusent un diaporama de photos prises avant et après le tsunami. J'ose à peine regarder tellement ces images sont chargées de l'horrible réalité vécue par des milliers de gens. Des paysages dévastés, les maisons entièrement détruites, des gens au regard perdu, des bateaux au milieu de la ville... Il y a une image qui nous fait particulièrement réagir Romain et moi : une petite fille agrippée au tronc d'un palmier, avec de l'eau jusqu'au menton. Elle maintient sa tête au dessus de l'eau et on peut tellement lire la panique dans ses yeux que c'en est affreux de la regarder. On voudrait entrer dans cette image, prendre cette petite fille dans nos bras, la mettre en sécurité et la rassurer ! La suite du parcours dans le musée nous fait traverser une sorte de passerelle au-dessus d'une marre pleine de gros poissons. Cette passerelle nous amène dans un hall détente où sont installés des fauteuils et où l'on peut se rafraîchir. Puis un couloir dessert plusieurs grandes pièces dans lesquelles nous trouvons des expositions photos, quelques objets récupérés au milieu des décombres, des maquettes représentant l'île vue de haut après le passage du tsunami, des villages dévastés, la vague qui arrive sur les gens... Nous sommes arrivés un peu tard et le musée va déjà fermé... Nous écourtons donc la fin de la visite et marchons vers la sortie. Des indonésiens nous regardent et semblent amusés par notre présence. Deux jeunes hommes demandent à certains d'entre nous de se prendre en photo à nos côtés. C'est marrant ! Nous nous retrouvons tous dehors et remontons dans le taxi, encore sous le coup de l'émotion mais un peu soulagés d'être sortis de ce musée. Bien sur, il renferme de précieux témoignages de cette atroce événement vécu par des millions de gens et que personne ne doit oublier, mais l'ambiance y est tellement morbide qu'on ne peut s'empêcher de se sentir soulagés lorsque la visite est terminée.

La péniche

C'est la fameuse grosse barge que nous voulions voir le jour où nous prenions le ferry pour Pulau Weh mais dont l'accès était fermé pour cause de prière !

Et bien, nous n'avons pas plus de chance aujourd'hui, puisque l'accès est encore fermé ! Nous la contemplons donc de loin. C'est tellement impressionnant ! Et dire que ce gros bateau pèse des tonnes et qu'il s'est retrouvé à 5 km de son port... Quand la nature se déchaîne, nous ne sommes plus rien.

La Grande Mosquée Baiturrahman

Outre le symbole de la culture et de la religion Acehnese aux yeux des habitants de Banda Aceh, cette Grande Mosquée située au centre ville, a aussi la particularité d'être ressortie intacte (ou presque) du tsunami de décembre 2004. Sur de nombreuses photos, on peut la voir debout au milieu des décombres. Notre chauffeur de taxi nous explique que si nous voulons entrer dans l'enceinte de la Mosquée, il faut que les femmes soient couvertes de la tête aux pieds, autrement dit, cacher ses bras et ses jambes et... se voiler ! Et les hommes doivent au moins couvrir leurs jambes. Pour ceux qui sont en pantalon, pas de problème, mais pour ceux qui sont en short, il faudrait trouver un paréo ou un sarong (pièce de tissu qui se nous sur les hanches et qui s'arrête au niveau des chevilles). Du côté des filles, on ne se fait pas prier, l'idée de nous voiler nous amuse ! Je suis toute fière de sortir mon propre sarong que j'avais acheté à Bali 3 ans plus tôt ! Les sarong pour les femmes se composent de la grande pièce de tissu qui couvre les jambes et d'un foulard utilisé comme ceinture. La ceinture ira sur la tête de Sabrina en guise de voile ! Et l'autre partie me couvrira le haut du corps. On n'est pas beaux là ?? Seul Jimmy n'a pas vraiment saisi l'importance de respecter cette règle et entre dans l'enceinte de la mosquée en short et tee-shirt..! Il est un peu dans la lune ce Jimmy ! Et le voilà qui parlemente avec un homme à l'entrée de la Mosquée pour savoir si, par hasard, on ne pourrait pas y entrer !! Bien sur, l'homme, quoique très gentil et souriant comme tous les gens que nous croisons ici, nous explique que ça n'est pas possible car c'est l'heure de la prière et que, si un jour nous souhaitons entrer dans une Mosquée, il ne faudra pas être en short et en tee-shirt ! Nous discutons un bon moment avec lui. Il nous dit que nous pouvons tout de même regarder à l'intérieur et même prendre quelques photos. Nous pouvons apercevoir les hommes qui prient devant et les femmes et les enfants, derrière. Certains d'entre eux se retournent de temps en temps pour nous regarder et nous offrir de larges sourires. Nous sommes toujours un peu surpris de voir les petites filles voilées ! Une partie du groupe est retournée au taxi, il ne reste plus que Thereas, Jimmy et nous d'eux. Apparemment, les autres sont partis achetés des tickets de bus et billet d'avion pour de prochains périples. Nous voulons aller voir s'ils sont revenus mais Romain semble persuadé qu'ils ne sont pas encore revenus et que nous avons le temps de faire un petit tour en ville. Il lui faut trouver un jeu de Uno et on nous a indiqué un magasin de jouets non loin de là. Bon, si nous avons le temps, allons -y ! Nous parcourons les rues animées, chargées et... accidentées de Banda Aceh. Attention : bien penser à regarder où l'on met ses pieds ! Après une bonne trotte, Romain revient tout fier, brandissant son jeu de Uno. bon, maintenant, faudrait penser à retourner au taxi car, finalement, entre ce magasin de jouets qui n'était pas tout près et Romain qui s'arrête pour papoter avec les locaux qui nous interpellent à tous les coins de rue, le temps s'écoule rapidement ! Et lorsque nous arrivons au taxi, nous voyons Pauline, Jeremy, Nicolas, Sabrina et le chauffeur de taxi pousser un ouf en nous voyant. Car, pendant que nous partions à la recherche du Uno pensant que tout le monde était à la station de bus, ils avaient finalement décidé de nous attendre, persuadés que nous avions prévu d'aller tous ensemble à la station de bus. Près d'une heure s'est écoulée, pendant laquelle le chauffeur de taxi s'est imaginé que nous étions pris en otage à la Mosquée à cause de la tenue inappropriée de Jimmy ! Selon les autres, il était complètement paniqué et disait qu'il ne pouvait pas aller nous chercher car si on découvrait que c'était lui qui nous avait amené à la Mosquée, il risquait de lourdes représailles. Il parait qu'il n'osait même pas regarder en direction de la Mosquée ! Évidemment, nous sommes confus, nous étions loin d'imaginer un tel quiproquo. Nous confondons en excuses auprès de tout le monde et surtout auprès de notre chauffeur... Le pauvre...

Le bateau sur le toit...

Nous l'avions vu également avec les australiens, le jour où nous devions prendre le ferry pour Pulau Weh. Alors, en attendant que les autres fassent la visite, nous restons avec notre chauffeur de taxi. De fil en aiguille, il finit par nous faire part de son histoire... Le 26 décembre 2004, il a 18 ans et il vit dans la maison familiale à Lhoknga. Il est tôt le matin lorsque le séisme de magnitude 8,9, qui vient de secouer l'île pendant près de 10 minutes, a fait de premiers gros dégâts. Une demie heure plus tard, il entend des gens crier dehors "La vague arrive ! La vague arrive !" Il se précipite dehors avec sa mère et comprenant à peine ce qu'il se passe, tout deux montent sur leur petite moto et foncent en direction du centre ville. "Je me dis que la vague n'ira jamais jusqu'au centre de Banda Aceh !" Mais la vague les rattrape et sa mère lui dit d'arrêter la moto "Arrête, c'est trop tard. C'est fini pour nous aujourd'hui..." Puis l'eau les emporte et ils se perdent de vue... Finalement, tous deux ont survécu et ils se retrouvent peu de temps après. Par contre, le père, lui, n'a pas survécu et ce n'est qu'au bout de 12 jours qu'il fut retrouvé. Ils ont pu l'identifier grâce à un signe distinctif qu'il portait sur la hanche. Nous n'avons pas très bien compris de quoi il s'agissait. "Nous sommes retournés devant notre maison, mais nous ne reconnaissions plus rien, tout avait disparu". "Après ça, la guerre a été terminée. Faire la guerre pour quoi ? Il n'y avait plus rien et tellement de gens sont morts..." Cette histoire me donne les larmes aux yeux. Je pense à l'horreur qu'on du ressentir ces pauvres gens emportés par la violence de cette vague, pensant que c'en est fini pour eux. Je pense à ceux qui ne s'en sont pas sorti, à ceux qui ont survécu et qui ont tout perdu, à ces hommes, ces femmes, ces enfants qui ont recherché désespérément leurs proches parmi les photos affichées sur de grands tableaux par les aides humanitaires, à tous ceux qui n'ont jamais retrouvé ceux qu'ils aimaient, qui ont du tout reconstruire au milieu des décombres... Les indonésiens parlent encore beaucoup du tsunami. Il y avait la vie avant le tsunami et c'en fut une autre après... Au fil de ce témoignage poignant, le reste du groupe nous a rejoint. Après un moment de silence, nous remontons dans le taxi pour faire un dernier arrêt au marché aux fruits avant de rentrer à Lhoknga. Papayes, mangues, ananas, fruits de la passion, fruits du serpent, bananes, mangoustines... Les fruits que l'on peut trouver en Asie sont divers et variés et toujours bien sucrés, mmmmmhhhhh ! Après cette journée riche en découvertes et en émotions, nous sommes tous bien fatigués et demandons exceptionnellement à Chi Chi de nous préparer un petit quelque chose à manger. Généralement, nous les laissons tranquilles le soir, seul moment où ils peuvent manger et se désaltérer en cette période de ramadan. Mais là, nous n'avons pas le courage d'attendre que les restaurants rouvrent à la fin des prières et de retourner en ville.. Notre cordon bleu se remet donc aux fourneaux pour nous, et nous préparent les meilleures noodles que nous n'avons jamais mangé ! Peut-être parce qu'elles sont agrémentées de l'extrême gentillesse de nos hôtes...!

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