Bali Ubud

Conduite Balinaise

Le lendemain, nous rejoignons notre loueur de voiture. Avant d'arriver au petit magasin, il y a un croisement qui nous stresse un peu : il y a plusieurs terres-pleins au milieu et plein de voies qui s'entrecroisent, et il est de surcroît très fréquenté. Aucun panneau, aucun marquage au sol pour indiquer qui a priorité et qui doit céder le passage. En fait, à Bali comme un peu partout en Asie, il n'y a pas de signalisation. Une voiture arrive sur notre gauche bien élancée, Romain pile et boum ! Un scooter nous rentre dedans. Le gars n'est pas tombé, il recule un peu, redémarre, nous double et reprends sa route en nous envoyant juste au passage un "fuck" ! Bon... Ça va bien se passer...


Arrivés à notre point de rendez-vous, nous jetons un furtif coup d'œil sur la voiture, et elle n'a rien. Ou bien les traces se fondent dans les multiples rayures que la voiture a déjà ! Ouf ! Nous partons donc avec notre loueur dans un garage qu'il nous indique. Il nous fait rire, il a un peu peur en voiture (nous comprenons pourquoi...!) et laisse sortir de petits sons aigus de sa bouche dès que quelque chose le surprend ! En fait, nous comprenons très vite et je me souviens aussi de mon expérience de la conduite sur les routes balinaises il y a 3 ans, que la règle est la suivante : on regarde devant soi, on ne s'occupe pas de derrière, on roule à vitesse réduite mais on ne s'arrête jamais sauf au feu rouge (règle ne s'appliquant visiblement pas aux deux roues...)! S'arrêter est dangereux car cela surprend les conducteurs balinais !


Nous arrivons au garage et après nous avoir redemandé plusieurs fois s'il fallait vraiment changer 3 pneus, notre loueur passe sa commande au mécanicien. Et nous aurons la surprise, ou même presque pas en fait, de voir ce dernier nous changer les pneus pieds nus ! Nous voila paré pour affronter les routes de l'île. Je prends le volant et dans les 5 minutes, mon rétroviseur tape dans celui d'un scooter stationné sur le bord de la route ! Il a du me voir passer de très près celui-la ! Oui, bon, j'avoue, c'était voulu, par solidarité pour Romain ;-) Autant que l'on s'y fasse tout de suite : les routes sont étroites, souvent en mauvais état, les voitures doublent n'importe comment et roulent souvent au milieu de la route. C'est sport, la conduite. Mais on s'habitue !

En chemin nous nous arretons dans un restaurant français à 20min d'Ubud. Le "Parangis" propose une bonne cuisine. Le seul inconvénient restera de manger en écoutant du ZaZ, ce qui pour eux semble être le fin du fin de la musique française...


Nous arrivons à Ubud en fin d'après midi. Beaucoup de circulation dans les rues principales et énormément de touristes sur les trottoirs. Nous garons la voiture dès que possible et partons à la recherche d'une guest house. À Ubud, on trouve beaucoup de guest au décor typiquement balinais. Ce sont des bungalows sous forme de petites maisonnettes construits dans les jardins des propriétaires. Jardins luxuriants et toujours agrémentes d'un petit autel sur lequel des offrandes sont déposées matin et soir. Les bungalows ont des portes et des petits volets à double battants en bois sculpté. Les prix des chambres doubles standard varient entre 200000 et 250000 petit déjeuner inclus. Nous en trouvons une que nous négocions à 180000 petit déjeuner inclus, à la Shiva House, que nous recommandons. Les propriétaires sont un couple de personnes âgées très gentils et toujours prêts à vous aider malgré leurs difficultés en anglais. Il y a une petite terrasse devant chaque bungalow avec thé et café à disposition toute la journée. Et les chambres sont propres. Et passé 17h, il est facile de trouver une place de parking juste devant le homestay.


La Shiva House se trouve dans une des rues principale : la Jalan Nyoman. Une rue animée qui regorge de magasins en tout genre mais très calme la nuit. À l'image de la plupart des villes Balinaises dont l'expansion touristique s'est accélérée ces dernières années, Ubud est plus propre et plus soignée que les villes asiatiques en général. Les trottoirs n'ont pratiquement pas de trous et sont pavés, les magasins sont des boutiques avec vitrines et non des échoppes de fortune et il n'y pratiquement pas de street food, que des petits warung et des restaurants. Partout, et jusqu'au pas de la porte de notre bungalow, des offrandes soigneusement déposées dans des feuilles de riz et toujours de douces odeurs d'encens dans l'air. Nous trouvons à quelques pas de notre homestay, un petit warung de trois tables installées sur une estrade. La cuisine y est vraiment bonne et la propriétaire est très agréable et d'une profonde gentillesse. C'est sa fille d'environ 6 ans qui donne les menus et apporte les boissons, en cherchant à travailler son anglais qu'elle commence à apprendre à l'école.

Ballade dans les rizières

Nous avons prévu de faire une balade dans les rizières d'Ubud et avons repéré sur internet une personne qui propose des treks avec des guides qui s'appliquent à vous apprendre des choses sur la culture balinaise, visite de maisons de peintre et repas campagnard dans une maison de village avec les habitants. Nous lisons plein de commentaires positifs à leur sujet. Il s'agit de la Keliki Painting School située dans le petit village de Keliki à quelques kilomètres d'Ubud. Nous nous y rendons dès le lendemain de notre arrivée à Ubud.

En effet, le village de Keliki est tout petit et semble loin de l'agitation touristique. Les routes sont défoncées et de nombreux coqs et poules picorent sur le bord de la route. Nous n'avons rien réservé mais le propriétaire, qui est français, nous propose de nous joindre à un autre couple d'alsaciens qui doit partir en trek dans les rizières ce matin. Il faut simplement que nous allions les chercher avec le guide et dans notre voiture car la balade commence à Ubud.

Lorsque nous arrivons, le couple attend devant son homestay depuis 1 heure ! Le propriétaire de Keliki Painting School ne nous a pourtant pas parlé de cet horaire de rendez-vous et ne semblait pas affolé...
Nous commençons le trek et faisons connaissance avec ce couple d'Alsaciens très sympa, Philippe et Valérie.
D'abord sur un sentier très emprunté par les touristes, notre guide, Irac (qui parle mieux le français que l'anglais !) nous fait passer ensuite au milieu de jolies rizières dans lesquelles des paysans sont en train de travailler, de la boue jusqu'aux genoux. Chaque parcelle est délimitée et appartient à une famille différente. Et chaque parcelle à son autel dédiée à la déesse du riz.  Il y a très peu de machines agricoles et le peu que l'on voit sont de petites machines. Les mauvaises herbes sont retirées à la main et les traitements sont exclusivement à base de produits naturels. Chaque pousse de riz est plantée à la main. Nous marchons sur de petits passages tout boueux entre les rizières, quel dépaysement ! Nous passons devant plusieurs petites boutiques de peintres vendant leurs tableaux et quelques épices. En chemin, Irac nous montre également toutes sortes d'arbres et de plantes qui poussent par milliers à Bali : citronnelle, bananiers, girofliers, cacaotiers mais aussi l'arbre à gousses de vanille ! Et de grosses araignées aussi...!

La balade se poursuit et se termine par un passage dans la jungle, entre les arbres dont les feuillages sont d'un vert qu'on ne voit qu'ici et les fleurs aux couleurs éclatantes. Après 3 heures de marche, le chemin nous amène directement devant la maison d'Irac où il vit avec sa femme et où nous sommes invités à rester pour le fameux repas chez l'habitant. Sa maison se situe à 2 pas de la Keliki Painting School... Bon, le repas campagnard est en fait une petite assiette de nouilles cuisinées aux légumes. C'est très bon mais nous nous attendions à un repas qui sorte un peu de l'ordinaire que l'on trouve dans tous les restaurants d'Asie. Et Irac et sa femme ne mangent même pas avec nous. Pourtant le programme semblait décrire un repas à la table des habitants avec les habitants ! Finalement, nous comprendrons plus tard que cette Keliki Painting School n'a rien de vraiment "authentique" et "exceptionnel" comme ce qui est indiqué sur internet. C'est juste un homme qui veut donner cette image en s'étant installé dans un village isolé mais qui, en réalité, doit faire son petit business avec des agences d'Ubud. Nous parcourons son livret d'excursions et tout est très cher et nous réalisons en relisant le programme de l'excursion que nous venons de faire que nous n'avons pas vraiment fait ce qui est proposé. Nous souhaitons faire le Mont Batur en partant du village au pied de  Batur et le propriétaire nous le déconseille vivement. D'ailleurs il propose dans son livret une excursion au Mont Batur au départ de Keliki... Quelle coïncidence ! Mais Romain ne le sent pas depuis le début et nous refusons d'acheter cette excursion. Et nous ne le regrettons pas : Valérie et Philippe ont réservé une autre excursion et nous apprendrons plus tard qu'ils en ont été très déçus. Et puis comment rester dans l'authenticité et le "très peu touristique" lorsque l'on apparaît sur la 1ère page de résultat de recherche sur Google ?...
Lorsque nous entrons dans la propriété de la KPS, il y a quelques bungalows occupés exclusivement par des français. On se croirait dans une communauté Hippie !
Pour conclure, nous ne recommandons pas la Keliki Painting School !

Nous finirons la journée dans un warung pour tester une des deux spécialités locales : le canard à l'étouffée ou Bebek Tutu. Ce n'est pas mauvais mais pour le prix (130000 Roupies) nous pouvions nous attendre à mieux.

Le Guerisseur

Mais avant de quitter Ubud, je tiens à aller à la rencontre d'un de ces vieux guérisseurs balinais, ne serait-ce que pour le côté mystique de l'expérience. Il y en a un à 30 minutes d'Ubud.


Après avoir trouvé l'adresse, nous nous rendons sur place vers 10h du matin. Nous arrivons devant une sorte d'estrade en béton et couverte, comme on en trouve dans les jardins des propriétés balinaises. Là, sont déjà assises 5 personnes. Je me retourne et voit s'avancer vers nous le vieux guérisseur. Il s'asseoir sur une chaise, nous regarde tous un par un et s'adresse à nous en anglais. Je ne saisi pas tout ce qu'il dit mais l'idée générale de son discours est qu'il faut absolument laissé s'exprimer la créativité de chacun, que le travail amène de l'argent et que l'argent, bien souvent, nous gouverne. Il hausse le ton, on dirait presque qu'il se met en colère ! "Ce n'est pas l'argent qui vous possède, mais bien vous qui possédez l'argent, ne l'oubliez pas !" "On ne peut parler d'avenir, l'avenir n'existe pas, mais le chemin de la vie oui. Et il insiste encore sur le fait que nous possédons l'argent et non pas l'inverse.


Il me demande ensuite de venir et me fait m'asseoir par terre devant lui, le dos contre ses genoux. Rapidement, il touche mes épaules, mon cou, mes tempes, ma tête...Je suis un peu crispée mais j'essaie de lui faire confiance. Tous les yeux sont tournés vers moi, c'est un peu embarrassant mais je m'efforce de ne pas y prêter attention. Le guérisseur touche les oreilles et appuie avec ses index sur une zone en haut de l'oreille, ce qui me fait très mal côté gauche. Il me dit "oh it´s pain here, hum". Puis il alterne côté droit et côté gauche en disant "here no pain but here pain, strong pain !"

Il me demandera ensuite de m'allonger et stimulera des points de pression sur mon pied gauche pour localiser la douleur. : "le cœur va bien, les poumons vont bien, l'estomac va bien, le foie va bien... Ah ! Mais vous avez un problème ici" me dit-il en désignant le bas de mon ventre. Effectivement l'opération en Thaïlande est encore recente mais je ne lui en avait pas soufflé un mot.... Il sort son téléphone (le guérisseur 2.0 comme dirait Romain) et me montre une image représentant l'appareil génital féminin. Il me rassure en me disant que ça n'est pas dangereux et que cela peut se soigner. Il termine en me disant que ma tête ne devrait plus me faire souffrir. Enfin, il insiste pour que je prenne des Omega 3. "Do you feel good now ?" "Yes, i feel better" "i hope so !" "Thank you !"


Une expérience singulière...
Je me sens bien, j'ai aimé cette expérience et même si je ne peux m'empêcher d'être un peu sceptique, j'ai envie de croire qu'il existe vraiment un don chez ces "Balian" (guérisseur), juste pour satisfaire mon côté rêveur.


Il est presque midi, nous repartons vers Ubud afin de tester un warung réputé pour faire les meilleurs Babi Guling d'Ubud : le warung Ibu Oka. Le Babi Guling est une spécialité balinaise à base de porc (babi). Et nous pouvons même voir passer de temps en temps un homme portant au dessus de sa tête comme un trophée, un énorme plateau portant un cochon grillé entier ! Ici, le Babi Guling tourne à plein régime !
Nous retrouvons Philippe et Valérie pour un dernir repas ensemble avant de prendre la route pour le mont Batur.

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