Bali Mont Batur

Le café le plus cher du monde....

Plus nous nous éloignons d'Ubud, plus les routes deviennent calmes. Nous prenons la direction du nord de l'île. Les distances ne sont pas longues, Bali est une petite île, mais il est souvent long de se rendre d'un point à un autre, compte tenu de l'état des routes.

Nous commençons à prendre de l'altitude. Le ciel se couvre et les températures se rafraichissent. À mi-chemin, nous voyons un panneau indiquant " Kopi Luwak" Et décidons de bous arrêter. Le café Luwak est en fait le café le plus cher du monde. Mais la magie de l'Asie fait que tout le monde peut se l'offrir ici, du moins les touristes ! Pourquoi est-il si cher ? Tout simplement parce que ses grains sont récoltés ... dans les excréments d'un petit animal, le Luwak, qui ressemnle à une mangouste ! Au départ, le grain de café se trouve dans un petit fruit rond et rouge au goût un peu âpre. On dirait une toute petite cerise. Les Luwak mangent ces petits fruits dont ils ne digèrent que la pulpe mais pas le noyau. Apparemment, les sucs gastriques contenus dans le tube digestif des Luwak font subir une transformation bénéfique aux arômes des grains de café, ce qui donne à ce café un goût unique.  Les excréments contenant les grains sont ensuite récoltés, lavés et séchés au soleil.
Ils sont ensuite torréfier dans une sorte de grand wok posé au dessus du feu et quelqu'un veille à remuer le plus souvent possible les grains. Ils seront ensuite moulus ou conservés en grains et vendus très cher (de l'ordre de 1000 $ le kilo !). Heureusement que nous sommes directement chz le producteur, la tasse ne nous coutera que 4€. Au final, c
e sont de bons cafés, mais sans savoir ce que nous avions dans la tasse, nous n'aurions pas fait la différence avec des cafés classiques, nos palais étant plus éduqués au vin qu'au café ;-)


Le frère de la jeune fille qui nous a accueilli vient se joindre à notre table et nous discutons ensemble pendant une bonne heure. Il nous apprend plein de choses sur la culture balinaise, le mode de vie et sur l'hindouisme aussi.
Il nous raconte par exemple, que la religion n'autorise à manger de la viande qu'en échange d'un sacrifice. Pour cela, autrefois, les balinais gravissait un des volcans de l'île et y jetait un taureau dans la lave en fusion. Cela représentait un don pour les Dieux. Parfois, certains jetaient même des hommes en guise de sacrifice. Mais cela était il y a bien longtemps. Il arrive encore de nos jours que des balinais sacrifient des taureaux mais cela plus dans le but de perpétuer la tradition que par pure conviction.

Nous passons un bon moment en sa compagnie, il est toujours passionnant d'échanger avec les habitants des pays que nous traversons.

Nous arrivons à Kintamani en milieu d'après-midi. Cette ville un peu perchée offre une jolie vue sur le Mont Batur et le lac Batur. Et malgré le ciel bien couvert, le panorama est grandiose... et surprenant : sommes-nous bien toujours à Bali ?!

Malgré tous ses bruits bizarres, la voiture continue de nous trimballer sans problème jusqu'au moment où la nuit commence à tomber. Romain met les phares et là, surprise : une fumerolle se dégage de derrière le volant avec une odeur de plastique qui brule. La même odeur que le soir où nous allions à Denpasar pour l'anniversaire de Gathi...! Verdict : le connecteur des phares a cramé ! Tout s'explique ! Mais bon, nous relativisons : vu l'état du carrosse, ça aurait pu être pire. Dorénavant, nous roulerons uniquement de jour !

Nous cherchons d'abord un hôtel sur Kintamani puis un rabatteur insiste pour nous emmener voir une guest house au bord du lac, pas très chère selon lui, et où nous pourrons organiser notre ascension du Mont Batur avec un guide. Pas très emballés au départ, nous finissons par le suivre au vu des prix pratiqués sur la partie haute du village.

Il nous faut ensuite prevoir l'ascensoin du volcan. Romain, après une négociation acharnée obtient la version longue de l'ascension à 500000 rp pour nous deux. Habituellement, pour la version "grande balade" c'est plutôt 500000 rp par tête, voire plus, puisque tous les prix sont fixés à la tête du client.

Nous rencontrons dans la guest un couple de jeunes français qui nous propose de dîner avec eux. Ces jeunes intrépides ont fait l'ascension sans guide le matin même ! Même si cela ne nous enchante pas de payer un guide pour grimper à 1700 m d'altitude, nous ne nous risquerions pas à y aller seuls vu tout ce qu'on lit à propos de cette fameuse "mafia des guides". Des témoignages de voyageurs ayant tenté cette ascension seuls, parlent d'agressions verbales et même physiques. Il s'agit de plusieurs dizaines d'homme qui vous encerclent, vous barrent le passage, vous insultent et peuvent aller jusqu'à s'en prendre à vous physiquement. Peu importe que vous soyez en couple ou en famille, ils s'en prennent à tout le monde. Et si vous parvenez à monter sans tomber sur cette mafia, vous risquez fort de retrouver à votre retour votre voiture ou votre scooter vandalisé.

Vraiment, même si l'on est tous révolté à l'idée d'engraisser cette mafia des guides, le mieux si l'on veut vraiment faire cette ascension, c'est de prendre un guide. Les guides sont souvent très gentils. Car ceux qui constituent la mafia ne sont pas ceux qui vous emmènent au volcan. Les guides qui vous accompagnent sont sous les ordres de cette mafia.

Bref, nous nous contentons du bon prix obtenu et le rendez-vous est fixé à 3h30 du matin devant notre chambre pour le départ.
Au moment de nous coucher, nous constatons deux originalités dans notre chambre : il n'y a aucune prise de courant et la fenêtre de la salle de bain n'est pas occultante ! Donc, lorsque vous prenez votre douche le soir avec la lumière allumée, n'importe qui peut vous voir depuis l'extérieur ! Ils devraient installer des gradins sous ces fenêtres, c'est une attraction qui pourrait rapporter ;-)
Mais n'étant pas prêts à payer de nos corps, nous coinçons une serviette devant la fenêtre et prenons nos douches à l'abri des regards !

Les nuits sont très fraîches ici, nous préparons nos doudounes pour la balade et nous emmitouflons dans nos sacs de couchage pour les quelques 4 ou 5 heures de sommeil que nous avons devant nous.

L'ascension du volcan Batur

3h25 : l'homme qui nous a vendu l'ascension vient nous chercher. Il nous fait bien rire parce que juste avant de frapper à notre porte, on entend son téléphone sonner, il a du y insérer une boîte de nuit (en Asie, ils adorent les sonneries de téléphone très bruyantes), il répond et parle à voix haute (après tout les gens qui dorment dans l'hôtel, on s'en fout). Puis il raccroche, il toque à notre porte, on lui ouvre et là, il chuchote pour nous parler !! Il est où le problème ?!

Nous partons dans sa voiture, en pleine nuit, en direction du départ de l'ascension qui se situe déjà à 1000 m d'altitude. Là, nous rejoignons celui qui sera notre guide, Odet (prononcé "Odette" lol) et un couple de français qui va monter avec nous, Jean-Pierre et Peggy. Apparemment, il n'y a jamais plus de 4 personnes par guide.
Basket aux pieds, doudoune sur le dos et frontales...euh...sur le front, nous voilà en route pour le Volcan Batur !
Jean-Pierre et Peggy sont super sympa. Ils vivent en Guadeloupe mais sont originaires de
Métropole. Jean-Pierre a même de la famille à Chamoux-sur-Gelon et ils y viennent en vacances de temps en temps !

Au bout de 10 minutes de montée, nous arrivons devant un autel. Odette nous prie de nous arrêter le temps qu'il aille déposer quelques offrandes devant l'autel. Au fur et a mesure, d'autre grimpeurs arrivent et leur guide s'arrêtent à leur tour pour déposer des offrandes. Puis nous repartons.

La montée, plutôt cool au début et un peu plus raide sur la fin, se fait en 1h30. Un conseil pour ceux qui comptent un jour faire cette balade : apportez votre frontale. Les guides peuvent vous prêter des lampes torches mais il est bien plus pratique d'avoir les mains libres au moment de la grimpette !

Sur les derniers mètres, nous pouvons déjà sentir les fumerolles chaudes qui se dégagent du cratère. C'est impressionnant !
Une fois en haut, nous n'avons plus qu'à attendre le lever du soleil. Mais lorsque l'on est encore plongés dans le noir, le spectacle du ciel étoilé est une merveille !
Nous ne sommes pas mécontents d'avoir nos doudounes. Pour ma part, j'avais même prévu une petite polaire en plus, et elle est la bienvenue, surtout lorsqu'après avoir transpiré pendant la montée, on s'immobilise aux quatre vents au sommet du volcan.
Les quelques 300 touristes faisant l'ascension ce matin sont dispersés sur deux spot. Il y a des bancs installés sous une bâche, certainement pour les jours de pluie. Chaque guide part préparer le petit déjeuner, laissant leurs clients contempler le spectacle du jour qui se lève tranquillement. De temps en temps, on s'approche du cratère pour se faire réchauffer par les fumerolles !

Petit à petit, le ciel se teinte d'une couleur orangée le long de la montagne en face de nous, les lumières de la ville en bas s'éteignent,  les étoiles disparaissent les unes après les autres... Le soleil se lève sur le volcan Batur...

Une fois levé, le soleil ne et pas longtemps à réchauffer les températures.
Notre guide nous propose de venir avec lui pour qu'il nous montre comment il fait cuire les œufs grâce à la chaleur de la roche dans le cratère.
Nous descendons juste à 2 mètres dans le cratère. Le sol est tout chaud. Il y a un trou sous un rocher, c'est la que notre guide glisse les œufs et les ressort 20 mn après, cuits ! Ils nous dit d'approcher notre main du trou, "slowly". C'est ce dernier mot que j'ai entendu trop tard... Et j'ai été plutôt très rapide à retirer ma main ! Il se dégage de ce trou une chaleur brûlante, comme si l'on mettait la main trop près d'une cheminée.


Une fois ravitaillés, nous nous préparons à reprendre la balade. Nous avons le choix entre deux crêtes : l'une étant plus impressionnante que l'autre, car beaucoup plus étroite. Peggy et moi sommes partagées entre notre peur du vide et l'envie de nous dépasser un peu. Nous optons finalement pour la crête la plus étroite. Finalement, si l'on marche sans s'arrêter et en regardant le plus possible ses pieds, on ne se rend presque pas compte du vide sur les côtés... ! Certains passages sont très étroits et nécessitent de s'aider avec les mains. Nous passons parfois au travers des nuages et devinons seulement le paysage qui nous entoure. Puis nous nous retrouvons de l'autre côté du volcan. Là, il n'y a plus de nuage et nous pouvons voir le lac de lave. C'est tout simplement une étendue de lave éteinte donc noire, datant de la dernière éruption du volcan, en 2002.


En chemin, nous croisons quelques singes. Ils sont un peu craintifs mais restent autour de nous. Je m'amuse à leur donner de l'eau dans un gobelet en plastique que l'un d'entre eux vient de jeter par terre. Je suis toujours amusée de les voir prendre le verre dans les mains et boire comme des humains ! Enfin, plutôt comme des bébés parce qu'ils renversent la moitié du verre sur eux...
Si la nuit a été bien fraîche, le soleil a maintenant bien réchauffé l'atmosphère. Aux alentours de 8h30, il n'est plus question de doudoune ou de polaire, tout le monde est en tee-shirt !

Nous arrivons au point de départ de l'ascension vers 10h. Ce fut une super balade, dans la bonne humeur, avec un guide extra !

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