Bali Amed

Retour en bord de mer

Nous quittons la région du Batur pour gagner le nord de l'île et longer la côte jusqu'au village d'Amed. Mais après quinze minutes de route, nous perdons l'embrayage de notre pot de yaourt. Impossible de changer les vitesses, la pédale devient toute molle. Romain enclenche le point mort "à la volée" et inspecte le véhicule. C'est le moment que choisira un indonésien pour s'approcher et tenter de nous vendre ses tableaux. Rassemblant toute notre patience nous remercions l'impromptu et Romain finit par trouver le problème :  c'est le cable d'embrayage qui a laché derrière la pédale. Après une réparation de fortune, nous repartons à l'assaut des routes balinaises. Et autant le dire tout de suite, la légende des routes défoncées n'a plus cours dans le nord de l'île. Elles sont toutes récentes et en parfait état.


Il fait beau et chaud, que c'est agréable !

Nous traversons de jolis petits villages isolés dans les terres. Dans chacun de ces villages, nous pouvons voir des bâches étendues sur le bord de la route, dans les cours des maisons ou carrément devant les portes des maisons, avec des grains de cafe qui sèchent au soleil. Il doit y avoir aussi des clous de girofle sur certaines bâches, à en croire l'odeur qui flotte dans l'air de temps en temps.


Il est presque 15h, nous roulons depuis plus de 3 heures maintenant et il fait faim ! Un peu avant d'arriver à Amed, nous décidons de chercher d'un restaurant en bord de mer. Nous trouvons un joli resort qui fait aussi restaurant. Un magnifique endroit avec des bungalows de luxe et des villas, une plage privée, une grande piscine et la terrasse du restaurant qui donne sur la mer. Nous avons même la chance d'assister à des cours de danse balinaises pour enfants ! Ainsi, pendant que nous mangeons, nous admirons des petites filles âgées d'environ 4 à 12 ans, en tenue traditionnelle, déjà pleine de grâce, nous faire une démonstration de cette danse traditionnelle absolument superbe sur des sons typiquement balinais. Cette danse met l'accent sur le regard, la position des doigts et un jeu de cous ! Nous sommes captivés : l'application, la discipline et le savoir faire de ces petites filles nous laissent sans voix ! J'adore cette danse et je pourrais passer des heures à les contempler. . À l'occasion de ces spectacles, les danseuses ont de magnifiques tenues composées de sarong, de longue tunique brodée serrée au milieu par un foulard servant de ceinture et d'une coiffe qu'elles parviennent à faire tenir en équilibre sur leur têtes. La tenue est complétée d'un maquillage qui met en valeur les yeux de la danseuse. Pendant la danse, les yeux doivent être grand ouvert et donner l'impression de ne jamais cligner. Ces spectacles sont un vrai plaisir pour les yeux.

Amed 3 ans après!

Ma mission est de retrouver la guest house où j'avais dormi lorsque j'étais venue il y a 3 ans : des bungalows dispersés dans un jardin luxuriant avec une magnifique vue sur la mer. Sauf que je ne reconnais plus rien ! Je me souvenais d'Amed comme d'un lieu calme et encore sauvage, avec de belles plages de sable noir désertes. Au lieu de cela, nous trouvons une route côtière passant au milieu d'une quantité astronomique de resorts, hôtels, restaurants, écoles de plongée... Et tout est complet ! Dans tous les hôtels dans lesquels nous nous arrêtons, la réponse est la même : "Full ! ... Full !... Full !" Enfin, en indonésien, ça donne : "Pull ! ... Pull ! ... Pull !" !! Tout est "Pull" mais tout est cher aussi !

Nous finissons par dégoter un bungalow plutôt sympa avec petite terrasse et vue sur la mer pour 250 000 rp petit déjeuner inclus. Le gérant des lieux semble très gentil mais ne comprend pas un mot d'anglais ! Juste ce qui lui est utile "j'ai une chambre disponible" "250 000 avec petit déjeuner", "Check in", "Check out", "yes", "no"...
Et il a un tic ! Un horrible tic ! Comme s'il avait les sinus bouchés et qu'il essayait de les déboucher toutes les 20 secondes. Il fait savoir que Romain ne supporte pas ce genre de bruit parasite. Mais Romain a besoin du mot de passe pour accéder au wifi. Et le mot de passe que nous donne notre cher ami aux sinus bouchés ne fonctionne pas. Le voilà qui se place juste au dessus de l'épaule de Romain pour se mettre devant l'ordinateur avec lui et retrouver le mot de passe. Le petit bruit furtif du débouchage de sinus s'opère donc juste dans son oreille droite ! Cela dure 45 mn. 45 mn pendant lesquelles il me semble que de la veine de la tempe de Romain va éclater!!


J'en aurais pour mon grade également pendant le petit déjeuner, avec une mouche cuite à l'interieur de mon pancake. Heureusement que je l'ai coupé au couteau...


Histoire d'oublier ce petit déjeuner gâché, nous décidons de passer un bout d'après midi sur l'une de ces fameuses plages de sable noir. Il y a plein de petits bateaux de pêcheurs sur la plage. Ces espèces de grosses barques toutes colorées et avec des stabilisateurs en bambou. Cela rend merveilleusement bien sur le sable noir qui scintille au soleil. Le seul inconvénient du sable noir, c'est qu'il assombri et trouble l'eau. Mais les plages sont superbes.

Dans la journée, nous recevons un mail de nos amis alsaciens, Valerie et Philippe. Ils arrivent à Amed ce soir et proposent que l'on essaie de se retrouver pour diner. D'ailleurs nous vous conseillons fortement le "Titisedana", notamment leur Ikan Kare (poisson curry coco) qui est exceptionnel, probablement le meilleur que l'on puisse trouver à Bali.


Le lendemain matin, nous proposons à Valerie et Philippe de nous accompagner pour une sortie snorkelling à Tulamben, à 30 mn d'amed, pour aller voir la fameuse épave du Liberty.
Le Liberty était un bateau de marchandises américain de 120 m de long torpillé  par un sous marin japonais en 1942. Le bateau fut remorqué de Lombok jusqu'à Tulamben, où il fut échoué tout près sur la plage afin de sauver l'équipage. C'est finalement en 1963 que le Liberty coula, poussé par une coulée de lave suite à l'éruption du volcan Agung.

L'épave du Liberty, situé à 30 m de la plage et à 5 m de profondeur pour son point le plus haut, est donc visible facilement en plongée et même en snorkelling. 
Romain, Valérie et Philippe ne tarde pas à trouver l'épave et, après quelques minutes d'exploration, ressortent un peu déçus. Ils n'ont pas vu grand chose. L'eau est très trouble et l'épave est recouverte de coraux. Ils ont même dit que s'ils ne savaient pas qu'il s'agissait d'une épave, ils l'auraient pris pour un banc de corail. Cela doit être plus intéressant en plongée.


Après avoir rendu notre matériel de snorkelling (qui, au passage, coûte un bras ici !), nous déjeunons ensemble. Puis, nous ramenons Valérie et Philippe à leur hôtel et leur disons au revoir. Cette fois, il est peu probable que l'on se recroise à Bali !

Déjà 100 jours...

Nous reprenons la route en direction de Candidasa. Nous y avons réservé un bungalow dans un 4 étoiles. Oui parce qu'aujourd'hui, c'est notre 100eme jour de voyage ! Ça se fête !
Il y a environ 50 km entre Amed et Candidasa. Entre les passages étroits en montagne et l'état pitoyable des routes, il ne nous faudra pas moins de 2 heures pour les parcourir...!
À certains endroits il y a carrément d'énormes trous qui nous forcent à nous arrêter pour les prendre le plus doucement possible. C'est incroyable que ces trous ne soient pas rebouchés, c'est dangereux ! Enfin, nous sommes en Asie !

Nous arrivons à Candidasa en milieu d'après-midi et découvrons l'endroit sublime où nous allons passer la fin de journée et la nuit ! L'Arco Iris Resort est un ensemble d'une dizaine de bungalows répartis dans un magnifique jardin de plantes tropicales. Au milieu, une milieu surmontée d'un jacuzzi. Chaque bungalow dispose d'une petite terrasse aménagée. À l'intérieur, une jolie chambre, très propre avec un mobilier contemporain. Et la cerise sur le gâteau : une grande salle de bain semie-extérieure juste magnifique ! Et pour 40€ la nuit petit dej inclus, pourquoi se priver...


Le soir nous mangeons au restaurant de l'hôtel et trinquons donc à notre 100eme jour de voyage !

Le lendemain matin, nous profitons une dernière fois de la piscine puis reprenons la route vers le sud de l'île, où nous bouclerons la boucle !

Avant de quitter Candidasa, nous nous arrêtons dans le fameux village traditionnel balinais. Le parking et l'entrée au village sont payants.
Ce village est un lieu très calme, dans lequel les voitures ne peuvent circuler. Un peu comme les villages classés en France. Sauf qu'ici, les deux-roues s'infiltrent partout !! Il y a plein de petits stands d'artisans et de galeries marchandes d'objets artisanaux également. Ces galeries sont toutes sombres et baignées de silence. On peut y voir des femmes avec leur machine à tisser en pleine fabrication de foulards, écharpes, sarong...
Dehors, le village est en "escaliers" qu'on monte par palier. Il y a des marches tous les 100 mètres. Les poules et les coqs sont certainement plus nombreux que les habitants ! Il n'y pas de route, juste des chemins en terre. Les maisons sont en pierre et il y a sortes de préaux où les habitants peuvent se réunir. On croirait avoir fait un bond de 50 ans en arrière !

Après un petit arrêt ravitaillement, nous nous remettons en route. Nous croisons de nombreuse cérémonies dont des crémations. Cela perturbe beaucoup la circulation et nous restons coincés dans un bouchon au moins 2 heures.

Le 31 Août est notre dernière journée à Bali, dernier jour en Indonésie : le périple asiatique touche a sa fin...

Après avoir fait quelques magasins, nous passons la journée à la plage. Nous nous sommes installés sur la pelouse d'un bar / restaurant, face à la mer, à Petitenget, quartier touristique de Denpasar. C'est la que les Australiens viennent faire la fête et tout est prévu pour...

Pourtant nous trouvons toujours des offrandes et des petits sanctuaires ça et la dans ce lieu de fêtes et de débauches.

En fin de journée, nous rendons notre voiture au petit magasin où nous l'avions loué 10 jours plus tôt. Ouf ! Nous sommes arrivés au bout de cette location sans problème ! Ou presque, puisque les feux de position ne fonctionnent plus. Mais on peut toujours rouler en plein phares !
Bref, le loueur nous emmène jusqu'à l'aéroport pour un tarif plus intéressant que le taxi. Un dernier coup de pression pour nous puisque c'est Romain qui conduit (en plein phares du coup !). Espérons que la voiture ne nous lâche sur ce dernier trajet...!
Tout se passe, nous arrivons à l'aéroport bien en avance. Notre avion décolle vers 1h du matin. Nous avons 3 heure de vol, mais avec le décalage horaire, nous atterrirons à Darwin à 5h30 heure locale.
Dernière petite surprise indonésienne avant de partir : chaque passager étranger doit s'acquitter d'une taxe de 200000 rp en quittant Bali ! Jusqu'au bout du bout on vous taxe !!

Mais bon, nous ne quittons pas l'Indonésie sur une note négative pour autant, cela fait juste partie du jeu !

Allé bye bye Bali, bye bye l'Indo, bye bye l'Asie, bye bye notre premier continent visité !
On tourne une première page dans notre voyage, cela nous fait une drôle d'impression mais nous sommes impatients de découvrir la suite !

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