Hamner Spring et Kaikoura

A nous la liberté...

Réveil plus matinal que d'habitude car nous avons rendez vous avec le couple de français pour valider l'achat du Nissan Homy que nous avons vu dans la semaine. Pendant que les filles papotent, nous, les hommes, prenons les choses en main pour finaliser l'administratif Néo-Zélandais pour la cession du véhicule. Les papiers sont vite remplis car en NZ ils ne s'embarrassent pas avec la paperasse : une feuille A4 pour l'acquéreur avec numéro de plaque et nom prénom et un bout de feuille signée pour le vendeur pour confirmer la vente. Je fais le transfert bancaire en live et dès qu'ils recevront le virement sur le compte ils posteront leur papier de confirmation de vente. Voilà c'est fait, nous sommes (quasi) propriétaires d'un Nissan Homy de 1996.


Nous retournons chercher nos affaires chez Shailesh et Ruby. Trop pressés d'arpenter les routes de l'île du sud, nous ne prenons même pas le temps de prendre une douche, ranger le van, nettoyer les draps, enfin bref toutes ces tâches que nous avions prévu de faire une fois l'achat effectué. Nous chargeons pèle-mêle les sacs dans l'espace arrière, remercions Ruby qui semble toute surprise de nous voir partir précipitamment et démarrons au plus vite pour quitter Christchurch. Émilie voulait que nous passions une journée aux sources chaudes de Hamner Springs pour nos trois ans ensemble.


C'est parti pour 2h de route, suffisamment pour nous familiariser avec la bête. Après avoir fait le plein en sortie de Christchurch, Emilie prend le volant. Vingt kilomètres après Christchurch, les paysages laissent entrevoir de belles promesses d'émerveillement : la ville et les habitations ont laissé la place à de vertes collines, parsemées de moutons blancs qui paissent paisiblement. Et en fond se dresse, majestueuse, la chaîne des Alpes Néo-Zélandaises avec ses sommets enneigés.

Hamner Springs

Bien sur la route est entrecoupée de nombreuses pauses photos de tous ces verts paysages. En nous enfonçant sur la route de Lewis Pass (un des cols permettant de rejoindre la West Coast) les abords deviennent plus montagneux, pour un peu nous nous croirions en haute Maurienne alors forcément : C'est beau !! Ici les buissons (Kowhai) ont une couleur bien jaune et offrent un fantastique contraste avec l'eau des rivières, d'un bleu irréel. Difficile de décrire cette beauté naturelle mais s'il fallait choisir un mot ce serait probablement pureté. Ici tout semble préservé de l'industrialisation ou du tourisme de masse, les paysages défilent sous les roues du van en donnant cette impression que la nature est restée telle que les glaciers et les millénaires l'ont façonné.

À quinze kilomètres avant Hamner Springs nous passons sur un petit pont duquel une femme s'apprête à sauter ... à l'élastique ! Ici le Bunjee est monnaie courante et c'est d'ailleurs en Nouvelle-Zélande qu'il a été popularisé, d'après une tradition où le rite de passage à l'âge adulte se faisait au sommet d'une tour de dix à trente mètres, les pieds attachés à une liane. Pratique pour se remettre la colonne vertébrale en place ! Nous finissons par atteindre Hamner Springs vers midi, nous prenons la direction des sources chaudes. Les températures varient entre 28°C pour la piscine de natation à 42°C pour le bassin le plus chaud. Et quand il fait moins de 15°C en extérieur, c'est très agréable. Nous resterons plus de 2h à nous prélasser, avec en prime une demie heure dans un petit Spa privé, avec musique douce et grande baie vitrée qui donne sur un petit jardin, trop bon. C'est donc bien détendus que nous regagnons notre van pour la première nuit à l'intérieur.


Pour ce soir nous avons opté pour un camping équipé à 36$ la nuit. Bien sur le but ensuite est de trouver des endroits gratuits ou au pire des campings à moins de 20$ la nuit. Souvent ce sont des DOC (Département Of Conservation) à 6 $ par personne, où sont mis à disposition des WC et parfois des douches chaudes à 2$. Il faut payer avec le système d'honesty box, c'est à dire qu'une boîte contenant des enveloppes est placée dans le camping. Il suffit de mettre la somme due à l'intérieur et d'accrocher la partie détachable à l'avant du van. L'enveloppe est jetée dans une boîte scellée pour que les Rangers viennent la récupérer le lendemain et vérifient si les personnes présentes ont bien la partie détachable. Mais en général ils ne passent que vers 10h, donc il est aisé de dormir sans payer, d'où le terme d'honesty box.


Pour l'heure, nous sommes dans ce camping privé à Hamner Springs et il s'agit de ré-agencer les affaires pour pouvoir circuler dans le van. Après une heure de rangement, tout trouve une place.


D'une pierre deux coups, nous fêtons à la fois notre van et nos trois ans de vie commune avec un bon petit plat et nous nous offrons même une bouteille de vin rouge. C'est repus et un peu "joyeux" que nous passons notre première nuit dans notre chez nous !

Kaikoura

Après une première nuit passée dans le van, notre première résolution sera de trouver rapidement une couette. Ça caille, la buée a presque gelé à l'intérieur des vitres. Il faut dire que les Hamner Springs sont déjà en altitude et que le mois de novembre dans l'île du sud équivaut à un mois d'avril pour nous. Et en avril c'est bien connu, on ne se découvre pas d'un fil...

Nous rassemblons tout notre courage pour nous extraire de la bande de 60cm de large du lit chauffée par nos deux corps et nous nous habillons quickly pour aller petit déjeuner dans la cuisine du camping. Nous avons prévu de continuer au nord jusqu'à Kaikoura pour voir les colonies d'otaries à fourrures et éventuellement une baleine ou deux. Vers 10h nous sommes prêts à quitter le camping. J'enclenche le contact mais le moteur ne démarre pas. Une fois, deux fois : rien ! Sueurs froides dans le dos, nous avons le van depuis une journée et déjà un problème. Bon pas de panique, j'entends le démarreur, il y a au moins de la batterie. Je ressaye plusieurs fois mais le moteur ne part toujours pas. En plus, Émilie me dit que de la fumée blanche s'échappe du pot à chaque essai. Un ange passe, un joint de culasse sous le bras.

Finalement au bout de plusieurs essais, le Nissan se décide à démarrer. Ouf ! Je vérifie rapidement les symptômes sur internet pour savoir à quoi nous en tenir. La première bonne nouvelle, ce n'est probablement pas un problème de joint de culasse car la fumée blanche se produit à chaud, la fumée vue par Émilie serait plutôt due à de la condensation. Je pense plus aux bougies de chauffe. Nous verrons lors du WOF en revenant à Christchurch si le problème persiste.  Pour le moment, nous prenons la route en essayant d'être le plus doux possible avec le moteur.

Les paysages s'enchaînent et la scenic road entre Hamner et Kaikura est de toute beauté. La route serpente entre les contreforts des Alpes, avec des collines entièrement recouvertes de ces buissons jaunes. Certaines côtes sont raides et le van est un peu à la peine mais nous ne sommes pas pressés, le spectacle est total. L'apothéose sera lorsque nous atteignons le bord de mer, la couleur de l'eau nous ferait presque croire que nous sommes arrivé en Nouvelle-Calédonie (si le vent glacial nous ne rappelait pas à l'ordre à chaque sortie du van). Incroyable !


L'arrivée à Kaikoura finira la claque visuelle. Imaginez plutôt : des sommets enneigés qui se jettent directement dans la mer bleue turquoise, entourés par des prairies d'un vert presque fluo. Une carte postale.


Le temps est au beau fixe mais le vent est très froid. Nous descendons en bord de mer pour faire notre premier repas dans le van. Il va falloir être patient avec le réchaud, un brûleur sur deux fonctionne et les flammes sont minuscules, il nous faudra 30 min pour faire bouillir de l’eau. Nous avons encore besoin de quelques ajustements. Une fois nos pâtes terminées, nous décidons de faire le parcours du bord de mer car il parait qu’une colonie d’otaries y a élu domicile. 

What the phoque ???

La marée basse découvre les rochers sur une centaine de mètres, il est possible de longer les falaises par cet accès mais nous préférons prendre de la hauteur. Le deuxième chemin monte rapidement au sommet des falaises et nous surplombons la mer de 30 bons mètres. Au détour d’un virage, nous voyons en contrebas une quarantaine d’otaries posées entre les rochers, se faisant tranquillement dorer la pilule. Nous descendons par un sentier escarpé entre les falaises pour arriver à quelques pas d’un groupe d'entre elles qui ne semble pas trop incommodé par notre présence. Il est normalement déconseillé de trop s’approcher de ces mammifères marins, surtout en période de rut, car les mâles peuvent être agressifs. Mais nous sommes de vrais aventuriers et nous avons le goût du risque ;-). Certains mâles doivent d’ailleurs frôler les 150 kilos !


Le paysage n’est pas en reste, nous passons le long de la falaise dans une nature sauvage. Le vent et la pluie semblent avoir creusé des passages entre la roche. Cette partie inhospitalière contraste d’ailleurs avec l’autre coté, où les colons ont bâti Kaikoura, protégée des vents violents qui balayent la côte. 


Après deux heures de balade, nous retournons au chaud dans le van pour un instant Tim-Tam. Le Tim-Tam est un biscuit que Leslie avait envoyé à Emilie pour son anniversaire et depuis notre arrivée en Australie, c’est devenu notre vice. Mais qu’est ce que c’est bon ! 


Il est temps pour nous de trouver une place pour dormir cette nuit. Sur la route du retour, Emilie nous a déniché un camping à 6$NZ/pers en bord de mer. C’est sommaire : 2 WCs et un point d’eau. Mais nous pouvons prendre les douches dans le camping voisin à 3 kilomètres de la. Un couple arrive en fin de journée à coté de nous, nous les regardons installer la tente au froid et manger dans leur voiture. Finalement nous sommes bien lotis !


Le lendemain, le van redémarre sans problème et nous reprenons la route pour Christchurch (oui, encore !) afin de passer le WOF au van. Nous reprenons donc la route pour 2h30 de nature, de virages et de moutons...

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Commentaires: 4
  • #1

    pauline (mercredi, 03 décembre 2014 12:14)

    Nouveau décor, c'est vraiment joli et vous le plaisir du van de pouvoir aller partout ou presque ...
    bon road trip
    bisous

  • #2

    villard.c@orange.fr (mardi, 09 décembre 2014 15:01)

    vos recits sont tellement clairs et imagés que l'on a l'impression d'y être. Il faudrait bien une petite panne du van pour mettre un peu de piment......non je plaisante, quoi que! bonne continuation à vous.
    Christian

  • #3

    Romain et Emilie (mercredi, 10 décembre 2014 09:12)

    Merci c'est vrai que le van ça rend les choses tout de suite plus cool !!
    @ christian : t'inquietes pas, si il y a panne je prévois un appel aux dons du coté de Nantes hihihi

  • #4

    darmezin erika (lundi, 15 décembre 2014 13:41)

    c'est splendide, magnifique aventure, on prend note! c'est vrai que ça donne envie d'y aller gros bisous.

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