Les Catlins

Kaka et Nuggets Point

La route qui nous mène au sud de Dunedin traverse des paysages de collines et de sapins. Cet après midi, nous avons prévu de nous rendre dans la région des Catlins, le long de la côte Sud-Est. La première étape de cet itinéraire sera Nuggets Point, un phare duquel il est possible d'apercevoir des otaries (ça c'est déjà fait) mais surtout des lions de mer, voir parfois des éléphants de mer.


Le paysage change au fur et à mesure que nous approchons de la côte. Les collines ont laissé la place à de vastes prairies où les seuls habitants sont des moutons. Nous finissons par atteindre Kaka Point, premier village côtier avant Nuggets Point, pour le plus grand plaisir d'Emilie qui prend la pose pour l'occasion. A partir de là, la route se change en un chemin de gravier et le dénivelé augmente. Malheureusement, le temps prend lui aussi une toute autre allure : un vent violent se lève et les premières gouttes de pluie font leur apparition sur le pare-brise d'OTRA. Ce que nous ignorons à ce moment là, c'est que la pluie ne va pas nous lâcher sur les 5 prochaines journées. En effet, la région, avec celle de la West Coast, sont parmi les plus pluvieuses du monde. Les nuages de la mer de Tasman ne sont plus stoppés par les Alpes dans le Sud de l'île et viennent copieusement arroser les vertes prairies du coin.

Pour le moment, nous atteignons le parking de la ballade du phare de Nuggets Point. Il est temps de ressortir les vêtements de pluie, les premières gouttes se sont transformées en bon gros crachin. Le chemin jusqu'à la pointe de la falaise n'est pas très long mais le vent nous force à baisser la tête pour avancer. Une fois le phare atteint, nous scrutons les alentours, à l'affût d'un lion de mer. Mais après un quart d'heure d'observation sous la pluie désormais battante, il faut se rendre à l'évidence, nous allons devoir rentrer bredouilles. Au moins le point de vue valait le coup d'œil : côté nord, les plaines vertes avec quelques maisons en bord de mer ; côté sud, les falaises abruptes où les vagues s'écrasent dans un fracas d'écumes. Nous retournons nous mettre à l'abri dans le van, trempés de la tête aux pieds. Le vent souffle tellement que le pauvre OTRA est ballotté dans tous les sens.

Entre les gouttes

Après cet instant de réconfort, nous prenons la route de Curio Bay. Il parait qu'une colonie de dauphins Hector (les plus petits dauphins du monde) vit dans la baie et accompagne les surfeurs (oui des gens surfent dans cette eau glaciale) dans les vagues. En route, nous avons prévu de faire un stop à Cathedral Caves, des cavités creusées dans la falaise de plusieurs dizaines de mètres. Mais la pluie diluvienne, la marée haute et la période d'agnelage nous en interdirons l'accès. Nous continuerons à rouler jusqu'à Waikawa pour passer la nuit sur un campground gratuit, avec eau potable et toilettes. La tempête fera rage toute la nuit, secouant le van dans le vacarme assourdissant des gouttes d'eaux qui frappent le toit.

La tempête s'est calmée au petit matin, il ne reste qu'une bruine qui finie de rincer le van. Nous prenons le chemin de Curio Bay pour faire un petit déjeuner (dans le van) au sommet de la falaise. La vue est superbe mais pas de dauphins à l'horizon. Le temps de finir notre breakfast, et la pluie fait déjà son grand retour, même si elle n'était pas partie bien loin. Tous nos plans de balade sur la plage tombent à l'eau si j'ose dire. Nous apercevons des surfeurs, emmitouflés dans leur combinaisons Néoprène, qui bravent la pluie dans les vagues. Avec un peu de chance, il y aura des dauphins autour. Le temps de s'équiper de nos vêtements de pluie et de rejoindre la plage, la tempête a redoublé de force. Nous ne voyons plus rien il faut retourner au van quickly.

 

L'autre curiosité de Curio Bay (hihihi), c'est la forêt fossilisée. Nous profitons d'une fenêtre d'accalmie pour sortir de la voiture et voir à quoi cela ressemble.  Les arbres de la forêt ont été ensevelis par la lave et les cendres quelques 180 millions d'années en arrière pour ressortir fossilisés sous l'effet de l'érosion des vagues.


Nous descendons encore la côte jusqu'à Slope Point, le point le plus au sud de l'île. Nous sommes d'ailleurs presque à mi-distance entre l'Équateur et le pôle Sud. Et bien vu le vent violent qui balaie le littoral et nous glace le sang, nous avons plutôt l'impression d'être près du pôle... Après avoir lutté pour rejoindre OTRA, nous filons vers Waipapa Point, pour voir le phare et surtout les lions de mer qui y ont élu domicile.  La route est une succession de champs verts occupés par des troupeaux de moutons. En arrivant sur le parking du sentier, nous attendons patiemment une accalmie pour mettre le nez dehors. Entre deux rideaux de pluie, nous atteignons le phare pour enfin apercevoir les lions de mer. Nous pouvons même dire que nous leur tombons dessus car au détour du sentier, deux d'entre eux sont avachis sur le sable, grognant légèrement à notre approche. C'est suffisant pour nous faire reculer prudemment car les bestioles font quand même dans les 400kg, soit 4 fois plus que les otaries vues jusqu'à présent. Impressionnant ! Nous n'osons même pas imaginer un éléphant de mer, parfois visible sur la côte des Catlins et qui peut atteindre plus de 3 tonnes... Notre objectif accompli d'avoir vu les lions de mer, nous retournons au van juste avant la rincée qui se profile. Direction Invercargill, la ville principale du Southland.

Le Southland, c'est humide...

Invercargill est une ville de 50 000 âmes, sans grand charme.  Pour nous, ça ne sera qu'un passage avant de descendre vers Bluff, tout au Sud, pour goutter les fameuses huîtres du même nom, qui serait les meilleures du monde. Une fois les 25km qui la sépare d' Invercargill parcourus, la première vision de Bluff est assez industrielle. Une immense fonderie d'aluminium est basée ici, produisant plus de 200000 tonnes d'aluminium par an. Nous traversons la ville, à la recherche d'une dégustation d'huîtres. Une fois le bout de la route 1 atteint (la route 1 relie la pointe Sud de l'île Sud à la pointe Nord de l'île Nord), nous ne pouvons aller plus loin. Au loin, c'est Steward Island et ensuite, l'Antarctique. Mais nous avons assez froid comme ça. Nous trouvons un commerce qui nous informe que la saison des huîtres est entre juin et septembre. La loose! Il ne nous reste plus qu'à retourner à Invercargill pour prendre une bonne douche chaude dans l'espace public de la gare. En discutant avec la dame du guichet, nous apprenons qu'il pleut presque 200 jours par an ici et que l'année dernière la pluie est tombée 70 jours sans s'arrêter...

Allez on se recharge rapidement au New world du coin et quittons cet endroit de malheur.

Nous prenons la scenic road qui va jusqu'à Te Anau, le plus grand lac de l'île du Sud et surtout la porte d'entrée des Milford Sounds. En chemin, nous croisons une ferme où sont suspendus à la clôture une bonne centaine de...soutien-gorge! La pluie rend vraiment les gens bizarres ici.

Ce n'est pas la première fois que nous voyons ce genre de "déco" insolite ! C'est souvent dans des petits villages isolés. Ainsi, nous avons déjà vu une clôture pleine de chaussures ou de plaques d'immatriculation ou encore de vieux vélos !


Le vent souffle tellement fort que j'ai du mal à maintenir le van sur la route. Par contre les paysages sont superbes, les éclaircies font apparaître des contrastes de couleurs éclatants et en fond, la mer de Tasman vient s'écraser sur les rochers qui bordent le littoral. On sent bien la terre inhospitalière ici. Nous passerons la nuit au nord de Tuatapere, près d'un ancien pont désaffecté, entouré de moutons pour fêter nos 7 mois de voyage.

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