Abel Tasman

Nelson Lakes National Park

En quittant notre camping le long de la Buller River, nous sommes encore naïvement plein d'espoir sur la météo mais la pluie qui est tombée toute la nuit est encore là au réveil. D'ailleurs nous saluons l'option 4x4 sur notre petit OTRA car sans elle nous serions comme certains de nos voisins, à pousser sous les gouttes pour désembourber leur van. Nous prenons la route du parc des lacs Nelson car nous avons prévu de nous faire une randonnée sur 2 jours en direction du Blue Lake, au sud du lac Rotorua. Ce lieu sacré pour les Maoris aurait l'eau la plus pure au monde, proche de l'eau distillée. En arrivant au bord du lac Rotorua, il faut se rendre à l'évidence, le temps ne sera pas avec nous, il pleut des seaux d'eau. Dans notre dernier élan d'espoir, nous nous rendons au I-Site du St Arnaud, au bord du lac Rotoiti, pour vérifier si la météo s'améliore dans les prochains jours. Pas de chance, les prévisions annoncent même de la neige sur les sommets environnants. Il faut se rendre à l'évidence, nous faisons une croix sur le Blue Lake. 

Nelson

Nous prenons la route de la baie de Tasman et Nelson, qui jouit d'un micro-climat avec plus de 200 jours de soleil par an. Et déjà le long des 100 kilomètres qui sépare St Arnaud de Nelson, le temps change, le soleil réapparaît et les paysages reprennent des couleurs. C'est encore une fois magnifique. Nous atteignons Nelson en milieu d'après midi pour profiter un peu de cette ville côtière. Cela nous fera l'occasion de refaire une beauté à notre compagnon à 4 roues. Nous passerons la nuit en ville pour être aux premières loges le lendemain au I-site. Il s'agit pour nous de réserver nos places pour les 45 kms du Abel Tasman Coastal Track. C'est un des 9 Great Walks de Nouvelle-Zélande, les places ne sont pas données mais la météo s'annonce bonne pour les deux prochains jours alors profitons-en !

 

Avant de partir pour le parc national, nous profitons du beau temps et de la plage de Nelson. Une ballade sur le sable, le soleil, l'eau turquoise, des kites qui se préparent... Caramba ! Je saute dans le van pour déballer le matériel (de kite) et me préparer aux joies des eaux calmes de la baie de Tasman. Mais à peine eu-je fini de préparer les lignes que le ciel s'obscurcie. Tout le monde sort de l'eau et un orage de... grêle s'abat sur la plage. Suis-je maudit avec le temps ? Dépité je replie tout et nous partons vers le camping à Kaiteriteri que nous avons choisi pour la nuit avant notre trekking. Ce sera l'occasion de tester mon montage pour passer le van en Powered Site, c'est à dire alimenté sur le 220V. 

Abel Tasman Coastal Track

Nous voila sur le pied de guerre au petit matin, les sacs sont quasi bouclés, la tente a été testée et approuvée la veille, les sandwichs sont emballés, il ne nous reste plus qu'à rejoindre tranquillement le port d'embarquement à une centaine de mètres de là (c'est pour cela que nous avions choisi ce camping). Parfait sauf que... 

 

Sauf que hier soir en arrivant, nous (oui NOUS sommes une équipe même si c'est moi, Romain qui me suis lourdé ! ) ne nous sommes pas arrêtés au bon endroit, le port d'embarquement pour le taxi-boat est situé 20 kilomètres plus au nord. Et nous n'avons plus que 20 minutes avant le départ... Il est temps de voir ce qu'OTRA a dans le ventre. La route de côte qui nous sépare de Marahau est étroite et sinueuse mais notre petit van assure le coup et nous arrivons 5 minutes avant l'heure fatidique. La suite se fera par taxi sur 200m, le temps d'arriver au bord de plage pour prendre un...tracteur qui permet au bateau de traverser l'immense plage à marée basse sur une remorque. Une fois en mer, nous longeons la superbe côte d'Abel Tasman National Park pendant plus d'une heure. Entre la couleur de l'eau, la végétation et le soleil, il y a comme un parfum de Corse dans l'air. Nous passons entre des îles aux noms français, donnés par l'explorateur Dumont D'Urville en 1827, le premier à explorer la région sans se faire tuer par les Maoris du coin (c'est qu'on est sociables nous en France). Nous passons devant une île qui sert de refuge à une colonie d'otarie à fourrure. Elles sont tranquillement installées sur leurs rochers, nous regardant passer avec nos appareils photos. 12km de côte ont été transformés en réserve naturelle, pour protéger la faune de la région. En sortant de cette zone, nous voila à Awaroa Bay, le début de notre aventure. Le Bateau nous débarque sur la plage, avec une étape de 25 km à faire pour rallier notre campground. La sensation est étrange, avec nos pantalons relevés pour sortir de l'eau, les pieds nus sur le sable avec la plage devant nous et la forêt derrière. Nous regardons le taxi-boat s'éloigner puis nous nous engageons sur le chemin...

Awaroa Bay - Anchorage Hut

Après un départ marqué d'un totem Maori à l'entrée, le sentier grimpe lentement dans les collines du parc. Le temps est de la partie, nous sommes à l'ombre dans ces forêts de hêtres mais la chaleur nous fait rapidement tomber les épaisseurs de veste. Avec 225km², le parc d'Abel Tasman est le plus petit des parcs nationaux de Nouvelle-Zélande. Pourtant nous ne croisons pas foule sur la première portion de l'étape jusqu'à la plage de Tonga. Nous faisons une halte sur la plage pour manger, avec le bruit des vaguelettes qui viennent s'échouer sur le sable orangé. L'eau transparente et le soleil invitent à la baignade mais après avoir trempé les pieds dans l'eau, l'illusion s'envole : elle est fraîche la bougresse ! 

 

Il est temps de repartir à l'assaut des collines de granit, nous avons un timing à respecter si nous ne voulons pas arriver trop tard au campement de ce soir. Le sentier n'est pas difficile mais le poids des sacs à dos tire sur les jambes dans les montées. Les paysages sont grandioses et les occasions de s'émerveiller ne manquent pas, entre les tree ferns qui poussent dans les recoins ombragés et les criques au sable fin baignées de soleil, il est facile de comprendre pourquoi ce parc est le préféré des kiwis.

 

Nous atteignons Bark Bay en milieu d'après midi, il va nous falloir accélérer le pas car la nuit tombe tôt dans cette région. D'autant plus que la marée joue contre nous car il nous est impossible maintenant de prendre le raccourci par la baie, l'eau étant trop haute pour passer. 

Malgré ce premier contre temps, nous continuons notre marche en avant vers Anchorage Hut. Le chemin de bord de mer nous laisse découvrir des lagons et des îles que l'érosion a façonné au fil du temps. Chaque virage nous offre un panorama paradisiaque, c'est superbe !

 

Malgré tout, la fatigue commence à se faire ressentir lorsque nous atteignons Torrent Bay village. C'est un des rares endroits habités du parc et les cinq familles qui vivent ici n'ont jamais voulu céder leurs propriétés (achetées une bouchée de pain aux Maoris 150 ans pus tôt) à l'Etat lors de la création du parc national. Aujourd'hui la plus-value doit être énorme. Mais pour nous, cela représente surtout 1h de plus de marche car la partie du sentier "marée basse" est complètement immergée. Le bon coté (il faut bien en trouver un), c'est que nous passerons aux Cléopatre's Pool, des bassins naturels creusés dans le lit de la rivière. C'est un autre décor, plus humide avec de magnifiques fougères arborescentes, le symbole du pays, que nous découvrons. Mais c'est aussi le repère des sand-flies, qui viennent se délecter de sang français. Au secours !!

 

La dernière portion avant Anchorage Hut grimpe un peu plus, puisant dans nos dernières forces pour franchir la colline et atteindre la plage, sous le regard d'un KingFisher. Une fois sur la plage, il nous reste une centaine de mètres à parcourir pour être au camping. Pendant qu'Emilie prépare le repas, j'installe la tente. Nous nous lavons sommairement à l'eau froide et la soupe de nouilles bien chaude sera une vraie délivrance. Il est temps pour nous de dormir pour être d'attaque demain.

Anchorage Hut - Marahau

La nuit n'aura pas été des plus confortables : duvets à même le sol et températures bien fraîches. Pas l'idéal pour récupérer mais normalement la deuxième partie de la randonnée est plus facile, avec "seulement" 15 kilomètres pour revenir à Marahau. Hormis une première difficulté sur 2 kilomètres de montée, le reste est assez plat et le chemin bien ombragé. D'ailleurs des nuages commencent à se former au loin, mais nous devrions passer au travers. Cette fois ci, nous avons eu de la chance niveau météo, ça change ! 


Les contrastes de couleurs s’enchaînent et la couleur de l'eau est changeante, tantôt verte en embouchure de rivières, tantôt bleue turquoise dans les criques et lagons. C'est un véritable paradis terrestre qui se livre sous nos pas. Il est vrai que le coût du taxi et de la nuit sont un peu élevés mais c'est aussi le prix à payer pour préserver cette nature. Nous enjambons les derniers cours d'eaux par des ponts suspendus, jamais vraiment dangereux (nos avis divergent la dessus...) et arrivons vers la fin de cet univers à la beauté sauvage. Nous finirons par regagner notre petit OTRA, avec des souvenirs pleins la tête de ce coin de Polynésie accroché au sommet de l'île du Sud. Cela restera surement un des temps forts de notre trip néo-zélandais.

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Commentaires: 3
  • #1

    MagaliD (samedi, 03 janvier 2015 18:26)

    S.U.P.E.R.B.E!!!!!
    Encore et encore de belles images

  • #2

    LESLIE (mardi, 06 janvier 2015 16:20)

    Magnifiiique!!! Envie de tek :)
    Vous avez eu chaud pour le départ, il s'en est fallu de peu ;)

  • #3

    RomC (vendredi, 13 février 2015 15:47)

    Salut,
    J'ai du retard dans la lecture.. Exceptionnels ces paysages!

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