Chiloé

Castro pas fidèle...

... A l'image que l'on nous promettait, grise et triste. (bon OK elle est un peu tirée par les cheveux celle là). Mais nous avons été au contraire agréablement surpris par le charme pittoresque de la ville principale de Chiloé. 

 

Après avoir franchi le canal de Chacao en ferry, notre bus descend à travers l'île vers Castro. Les paysages sont très verts, la pluie balayant régulièrement Chiloé tout au long de l'année. Lorsque nous descendons du bus au terminal de Castro, nous ne pouvons manquer l'église de Castro. Elle se dresse au dessus des autres bâtiments, et irradie de ses couleurs jaune et mauve éclatantes ! Nous étions prévenus : les égliseS de Chiloé sont remarquables ! Elles sont d'ailleurs inscrites au Patrimoine Mondial de l'Unesco, car elles constituent un exemple unique en Amérique Latine d'architecture religieuse en bois.Le Christianisme est donc fièrement représenté ici mais de nombreuses légendes païennes entoure l'île, comme la Pincoya, une sorte de sirène qui attire les hommes dès le premier regard -représentée sur la fontaine de la place de Castro- ou encore le Trauco, un nain lubrique qui envoûte les femmes pour les violer (pratique pour expliquer une grossesse hors mariage, il a bon dos le nain).

 

Nous logeons chez un couple Franco-Chilien pour la durée de notre séjour. Après s'être installés dans notre chambre toute colorée (avec une petite porte), nous passons la fin de journée autour d'un café avec Perrine. Le lendemain, nous partons nous balader sur le port de Castro, pour voir notamment son grand marché aux poissons et fruits de mer et ses nombreux stand d'objets artisanaux. L'effervescence du marché aux poissons contraste avec le calme qui règne dehors, sur le port. Le temps est encore au beau fixe, nous mesurons notre chance ! Nous testons les spécialités locales : l'empañadas a d'ores et déjà remporté nos faveurs, car nous l'avions goûté et approuvé lors de notre passage au Cajon Del Maipo. Le ceviche (marinade de poisson aux citron, oignons et aromates) est délicieux, très rafraîchissant. Et le milcao est en faire une sorte de grosse galette de "papas" (patate), très bon aussi mais bien bourratif ! Pas très light ce repas, la balade de cet après midi s'annonce lente...

 

Nous entrons dans la grande et belle église jaune et mauve. Elle est encore détonnante dans le ciel bleu et semble même tout droit sorti d'un conte, genre Alice au pays des merveilles. L'intérieur est tout en bois brut, avec des voûtes, des vitraux... C'est la première fois qu'on entre dans une église tout en bois ! Pour continuer sur les immanquables de Castro, nous nous dirigeons ensuite à nouveau vers le port, et allons admirer les "palafitos", ces fameuses cabanes de pêcheurs toutes colorées, en bois et sur pilotis. C'est très joli et nous sommes charmés par cette petite ville de Castro, mais nous avons vraiment envie de découvrir le reste de l'île. Nous décidons alors de réserver une voiture pour la dernière journée sur place. Mais nous avons encore plusieurs heures devant nous. En fait, les journées étaient déjà longues à Santiago et plus nous descendons vers le sud, plus elles s'allongent encore ! Ici, la nuit ne tombe qu'autour de 22h.

Rando et Pisco !

Au petit matin (9:30, nous sommes en vacances quand même), nous partons avec notre petite Chevrolet de location en direction du lac Huillinco. Après l'avoir longé un bon moment, la route se transforme en un chemin de terre caillouteux, sillonnant au milieu d'étendues vertes désertiques. Aujourd'hui, le ciel est couvert, et ce temps gris confère comme une hostilité aux lieux. Après nous être enfoncés dans ce désert, nous stoppons la voiture et finissons à pied. Nous voilà sur une plage de galets, face à un Pacifique houleux, dont les embruns troublent l'horizon. À droite comme à gauche, une étendue de galets, déserte, à perte de vue. Nous restons là un moment, dans le bruit assourdissant des vagues qui se retirent et reviennent sans cesse, et des galets qui s'entrechoquent. Nous distinguons seulement un petit groupe de personnes au loin, visiblement des ouvriers qui construisent quelque chose sur la plage et font des aller retour pour remplir des seaux d'eau de mer. Là, on se sent juste perdus au bout du monde, et cette sensation est grisante...

 

Nous prenons le temps de nous arrêter à une bonne adresse conseillée par Perrine pour manger local. Sa situation est, en effet, exceptionnelle : plantée au milieu d'un petit pré, elle surplombe le lac. Sa terrasse aux formes arrondies offre un panorama à 180° sur le lac et les environs. Nous testons le pastel del choclo. Sorte de hachis parmentier de maïs. Servi dans un petit plat en terre, la purée de maïs recouvre une préparation de viande et d'oignon... Un délice ! Nous avons également droit à un dessert compris dans le menu du jour : pour Romain, ce sera millefeuilles au dulce de leche (incontournable en Amérique du Sud) et pour moi, une tarte meringuée aux framboises... 

 

La fin de journée avec la voiture sera plus orientée loose car nous voulions descendre vers un fjord à environ 1h30 de Castro mais nous ne verrons malheureusement pas grand chose, les routes étant en travaux, nous restons bloqués à des feux provisoires la plupart du temps.


Nous rentrons à Castro pour notre dernière soirée avec Perrine et Daniel, qui nous ont proposé de nous faire goûter le fameux pisco sour, boisson typiquement sud américaine, plus précisément chilienne et péruvienne. À base de pisco bien sur (alcool local), de citron vert et de blanc d'oeuf pour la mousse. Et Perrine nous aura prévenu : c'est traître. Pour ma part, le premier verre n'est pas terminé que j'ai déjà la tête qui tourne... Nous passons un agréable moment avec nos hôtes.

 

Que le temps passe vite lorsque l'on se sent bien dans un endroit ! Nous sommes bien dans cette maison... Mais le lendemain, il est déjà temps de quitter la petite famille franco chilienne pour reprendre le ferry en direction du continent.

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