Patagonie Chilienne

De Chaïten à Coyhaique

Nous prenons un ferry pour 5h de traversée vers El Chaïten, en Patagonie. Pendant l'attente nous sympathisons avec un couple de français, Maxime et Noémie. Ils ont prévus de descendre en stop jusqu'à Coyhaique. Apparemment le stop fonctionne plutôt bien au Chili. Du coup, si nous sommes coincés avec les bus, nous tenterons notre chance. Le capitaine du ferry annonce l'approche des côtes de la région de Aysen. Lorsque le ferry nous débarque, une impression de bout du monde s'empare de nous : ici c'est la Patagonie, pour de vrai. De grandes étendues sauvages sans aucune traces humaines. Même la ville de Chaiten est dans le ton car les (4) rues sont désertes. D'ailleurs c'est plus un village car c'est à peine plus grand qu'Epierre. Il fait bon dans la chambre de cette vieille baraque en bois, un couple d'allemands arrivés avant nous a eu la bonne idée d'allumer le poêle. Nous sommes dans l'ambiance.


Le lendemain, Émilie sort nous trouver un bus pour descendre en direction de Coyhaique, la ville principale de la Patagonie chilienne (40 000 âmes, plus de la moitié de toute la région). Je l'attends patiemment dans la salle commune de notre logis, en observant le couple d'allemands qui se prend la tête. En anglais en plus, comme ça je peux suivre. Ils voyagent à vélo et visiblement la Frauleïn n'apprécie pas complètement le mode de transport... Émilie revient en trombe car le bus, le seul pour les 5 prochains jours, part à midi : dans un quart d'heure ! En plus, il n'est pas possible de payer par CB, il faut donc trouver un distributeur. Nous chargeons nos gros sacs et demandons aux gens que nous croisons (2) où se trouve la "banco". Nous courons vers le distributeur et alleluia, celui ci fonctionne. Juste à temps pour sauter dans le bus direction La Junta. De là, il sera possible de changer pour rallier Puyuhuaipi, le village où nous avons prévu une étape.

Le bus roule pendant 70 km sur une route goudronnée, récupérant au passage des auto-stoppeurs dépités de n'avoir pu trouver une âme charitable pour avancer le long de la Carreterra australe. Puis la route change. Fini le calme de l'asphalte, nous voilà partis pour 150 km de route en gravier et en terre. Le bus grince mais tient bon. Je serai curieux de savoir combien de km les cars sont capables de tenir car malgré la dextérité du chauffeur, nous entendons fréquemment des cailloux taper sous le châssis et les suspensions sont mises à rudes épreuves. Les paysages sont sauvages, nous longeons un grand lac sur plusieurs dizaines de kilomètres et des forêts de sapins qui laissent entrevoir des sommets de temps en temps. En cas de surpopulation, il y aurait la place de loger du monde ici, les glaciers ont laissé de larges vallées verdoyantes. Et avec le réchauffement climatique, dans 50 ans, nous trouverons un climat méditerranéen en Patagonie. C'est le moment d'investir, Florent Pagny l'a bien compris lui. Quel visionnaire ;-)

Nous sommes débarqués à La Junta, le bus ne va pas plus loin. Nous décidons de quitter la ville par nos propres moyens... Nous nous plaçons en bord de route et tendons le pouce, pleins d'enthousiasme et en affichant un sourire Bright. Mais il faut nous heurter à la dure réalité, personne ne nous prend pendant les 2 premières heures. Nous sommes sur une route peu fréquentée (même si c'est la seule de la région), chaque fois qu'un camion passe il laisse un gros nuage de poussière derrière lui et nous sommes en plein cagnard. Au moment où nous allions nous résigner, un 4x4 s'arrête à notre niveau. Le couple de chiliens débarrasse tout l'arrière de la voiture pour nous faire une place ! Mais le trajet sera frustrant car ils sont très sympathiques mais nous ne pouvons communiquer correctement, toujours limités par notre espagnol. Nous avons juste compris qu'ils descendent jusqu'à Puerto Aysen, proche de Coyhaique. Nous leur demandons de nous poser avant, à Puyuhuaipi. Et heureusement que nous sommes dans un 4x4 car certains passages sont plus proches du franchissement que de l'autoroute. Des travaux visent à élargir la route pour permettre aux camions de se croiser. Finalement nous arrivons à Puyuhuaipi en fin d'après midi.


Troisième jour au bout du monde : c'est frais comme des gardons et avec enthousiasme que nous décidons de retenter notre chance en stop. Nous espérons trouver une voiture qui pourra nous descendre vers Coyhaique et éventuellement faire un arrêt au Ventrilosque Colgante, un glacier qui est suspendu au sommet d'une falaise et qui laisse s'échapper une cascade en fondant. Mais l'idée de nous retrouver bloqués dans cet endroit perdu sans tente ni matériel de camping nous refrène un peu. En attendant, nous nous dirigeons vers la sortie du village pour tenter l'autostop. Nous nous plaçons à côté du panneau kilométrique qui indique les destinations les plus proches, dont Coyhaique, à 220km au sud. Deux chiens nous ont suivi et l'un d'eux (celui à poils longs, qui sent le plus mauvais) s'est pris d'affection pour Émilie. Lorsque des voitures arrivent, nous lançons une pierre dans le champ voisin pour que le chien aille la chercher. Sauf qu'il s'est pris au jeu ce c...Même au fin fond de la Patagonie, il n'y a pas moyen d'être tranquille, c'est malheureux.
Au bout de 2h sans succès, nous rebroussons chemin jusqu'à Puyuhuaipi. Et là, l'horrible vérité nous saute aux yeux : les autres auto-stoppeurs sont postés sur la rue principale. Nous sommes allés trop loin en aval et nous avons été court-circuités. C'est le métier qui rendre ! C'est finalement a
près une autre heure d'attente avec un petit groupe de français qu'un mini-van, conduit par un couple d'américains, nous dépose à une vingtaine de kilomètres de Puyuhuaipi, à l'embarcadère des thermes. Nous voilà au milieu de nulle part, à attendre les voitures...


Ils restent deux personnes qui travaillent à l'embarcadère, un jeune en uniforme et un vieux à moustache un peu déglingue. Après une heure d'attente, je vais voir le jeune en uniforme pour lui demander à tout hasard si il n'irait pas à Coyhaique en fin de journée. Il me répond par la négative mais précise que son collègue, Riccardo (décidément), retourne à Coyhaique vers 17h et qu'il pourra sûrement nous amener. Nous patientons jusqu'au moment où un pickup rouge s'arrête à notre niveau. Le conducteur fait signe pour nous déposer à l'entrée du parc du Ventrilosque Colgante. Mais nous préférons patienter pour Riccardo qui nous mènera directement à Coyhaique. Nous regardons le pickup s'éloigner dans la poussière et nous reprenons notre mal en patience pour attendre Riccardo. 2 minutes plus tard, le jeune chilien en uniforme remonte vers nous et nous demande pourquoi nous ne sommes pas partis avec Riccardo. Comment ça ? En fait Riccardo est le mec qui conduisait le pickup rouge et pas le moustachu auquel nous pensions. Nous avons manqué notre pont d'or jusqu'à Coyhaique. Les boules !!!!

Nous tentons de positiver en se disant que la route est ouverte maintenant et qu'une âme charitable va nous amener à bon port. Malheureusement, après presque 3h à manger de la poussière il faut nous rendre à l'évidence : personne ne nous prendra. Nous sommes contraint de faire du stop dans l'autre sens pour rentrer sur Puyuhuaipi et trouver un hébergement pour la nuit. Et curieusement, cela fonctionne du premier coup, un camion de bétail nous fait signe de monter dans la cabine. De retour au village Émilie trouve un Hospedaje et j'achète deux billets de bus (12€/pers) pour le lendemain matin. Le stop, c'est décidé, on arrête...

Le lendemain, 14 janvier 2015, nous voilà chargés de nos sacs, à attendre le bus à 6h du matin dans la fraîcheur du fjord. La route est longue et encore plus défoncée qu'au nord de Puyuhuaipi mais le décor qui défile derrière les vitres (sales) du bus vaut son pesant de cacahuètes : de profondes vallées glaciaires et des lacs bleus azurs qui laissent la place à une forêt calcinée recouverte d'une brume qui lui confère un côté mystique. Puis le paysage se fait plus vallonné et moins boisé pour arriver, 6h plus tard, dans la plus grosse ville patagonne de ce côté de la frontière : Coyhaique. Pour nous ce ne sera qu'une étape d'un jour, pour repartir le lendemain en direction de Puerto Rio Tranquillo et ses fameuses cavernes de marbre. Nous en profitons pour faire une lessive et découvrir le (petit) centre animé de la ville. Le soir, certains quartiers au sud de la ville sont à éviter. Il y a beaucoup de problèmes d'alcoolisme en Patagonie et la petite délinquance sévit à Coyhaique. 

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Commentaires: 19
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