Sud Lipez et Salar d'Uyuni

Welcome to Bolivia

Sur les conseils de Nati (et un peu aussi à cause du prix du bus argentin), nous decidons d'éviter San Pedro de Atacama. Nous irons donc directement en Bolivie par la route de La Quiaca puis Tupiza. Le bus de nuit est bien agité et il nous est difficile de trouver le sommeil. Nous débarquons donc à 6h du matin à la frontière Argentino-bolivienne après une nuit blanche, à attendre au froid à plus de 3600m d'altitude (c'est dur aussi la vie de voyageur...). Le poste frontière ouvre à 7h et il nous faudra une petite heure pour le franchir -merci l'organisation bolivienne- alors que nous étions dans les premiers de la file d'attente. Puis nous prenons un trufi (minibus 6 places avec 10 personnes dedans) vers Tupiza. Premier constat, les boliviens sont un peu plus avenants que leurs voisins et surtout les prix des transports sont ridiculement bas ( 1,5€ pour 2.5h de route). 

 

La ville de Tupiza est plantée au début de la route d'accès au Sud-Lipez. Nous y resterons 3 jours avant de partir en excursion jeep 4 jours/3 nuits dans l'altiplano, Sud-Lipez et Salar d'Uyuni. Le trajet se fera avec un conducteur et un cuisinier mais surtout avec deux québécoises, Louise et Janouka, qui sont en voyage humanitaire de 1 an. Le tour nous coûte 1250 bolivianos par personne, c'est plus cher que prévu mais c'est un incontournable de la Bolivie.

Jour 1 : Tupiza - Quetana Chico

 nous grimpons à bord pour une heure d'ascension sur une piste plus ou moins défoncée par les fortes pluies des derniers jours. Les paysages (et l'altitude) sont à couper le souffle. A 3700 mètres nous avons une vue imprenable sur les contreforts de l'Altiplano, avec la montagne érodée qui forme des forêts de pics rocheux. Puis le 4x4 repart de plus belle sur cette piste sinueuse, où chaque épingle donne sur un précipice. Le paysage change sous nos yeux, laissant les roches rouges et escarpées pour d'immenses plateaux verdoyants : nous sommes sur l'Altiplano ! Nous passons un col à 4200 m puis traversons d'immenses plaines désertiques, parcourues par des troupeaux de lamas sauvages. Au fond se dresse la Cordillère et ses monts enneigés. Nous sommes seuls au monde. Les effets de l'altitude commencent à se faire ressentir, le souffle est court. Nous prenons un peu de coca pour remédier à ça.

Après 2h de route nous arrivons à San Pablo de Lipez, la "capitale" du Lipez aux 600 habitants et au super stade de foot en synthétique (sûrement un des plus haut du monde à 4200 m). Un orage violent éclate avec un éclair qui tombe à une trentaine de mètres de la voiture. Nous roulons pendant encore 2h avant d'arriver au village de Relave, perdu au milieu de nulle part, à 4315 mètres d'altitude. Des troupeaux de lamas paissent autour, surveillés par des boliviennes aux habits colorés et leur chapeau melon noir. Nous apprécions la compagnie de Louisa et Janouka, avec qui nous avons de longues discussions, ce qui a l'avantage de tuer le temps sur les longues distances. D'ailleurs la piste ressemble de plus en plus à du franchissement, ce qui nous vaudra même un embourbement en plein milieu de la pampa. Une fois le droit d'entrée de 150BS du parc acquitté, nous arrivons à Quetana Chico pour passer la nuit. Nous sommes dans un dortoir de 4 qui n'est finalement pas si sommaire que ça. Je ressens un peu les effets de l'altitude avec un léger mal de crâne mais Émilie ne semble pas trop affectée. Le fait de mâcher des feuilles de coca apaise la Pouna (nom du mal des montagnes).

Jour 2 : Quetana Chico - Huaylla Jara

Le 5 février, après une petite marche dans le village, la Toyota s'arrête quelques minutes devant un enclos à lamas puis grimpe une piste très raide pour atteindre 4500m. Il a neigé dans la nuit et les sommets sont blancs.Le chauffeur nous dépose devant la lagune Kollpa, chargée en bicarbonate de soude et en soufre (ça sent très fort), que des boliviens exploitent pour faire des détergents. Des flamands roses font une envolée à notre approche c'est fabuleux. Nous avons droit à des feuilles de coca puis à des sucettes, ce qui est plutôt efficace.


La Toyota repart sur la piste poussiéreuse jusqu'à passer un col, découvrant une vue imprenable sur le salar de Chalviri. Le décor semble irréel : un salar coupé en deux par la piste, entouré d'un désert d'un côté et d'une lagune de l'autre. En toile de fond, des volcans enneigés. Difficile de croire que nous sommes à 4300m d'altitude. Nous faisons un arrêt au désert de Dalì, une vallée sans aucune trace de vie humaine, avec des roches volcaniques aux dessins surréalistes. La grande variété de couleurs donne un aspect artistique proche d'un des tableaux de Salvador Dalì, d'où le nom. Nous arrivons vers 11h30 au volcan Licancabour (5920m), à 15km de la frontière chilienne. Au pied de ce volcan se trouve la laguna verde, mais qui n'est pas si verte que ça. Les couleurs des lagunes sont bien exagérées ici. Alors que nous allions repartir, notre guide nous fait signe de rester car il a vu que le vent se levait. Et comme par magie, la couleur du lac se met à changer. En fait, cette eau est chargée en arsenic, magnésium et en cuivre, et l'oxydation vert-de-gris est remuée par le vent et se répand à la surface de la lagune. Nous passons ensuite un bon moment dans une piscine d'eau naturellement chauffée à 40 degrés. Se baigner à 4300 mètres d'altitude dans un décor de désert et de salar, c'est vraiment le pied.


Après le repas, nous prenons le chemin de notre point culminant, les geysers de Tatio. Nous sommes sur un champ de lave qui fait jaillir de l'eau à plus de 200 degrés sur plusieurs dizaines de mètres à 5000 m d'altitude. Le vent est glacial et les paysages lunaires (encore plus que précédemment). La pluie et la neige font leur apparition et nous remontons dans le 4x4 direction notre auberge pour la nuit. Il n'y a pas d'électricité et de l'eau s'infiltre par le toit. Mais la bonne humeur de Louisa et Janouka réchauffe l'atmosphère et nous passons la fin de journée à rire et à jouer aux dés.

Jour 3 : Huaylla Jara - Uyuni

C'est parti pour un troisième jour à arpenter les rippios de l'Altiplano. Nous passons devant diverses lagunes aux couleurs rouges, jaunes, blanches, noires. Ce sont de vrais gardes manger pour les oiseaux de l'Altiplano et il est facile d'observer les 3 types de flamands rose (chilien, bolivien et james). Les flamands rose sur l'eau rouge, l'image est belle. Quelques kilomètres plus loin nous faisons une halte à l'arbre de pierre, une formation rocheuse qui fait vaguement penser à un arbre. Les décors sont tellement stupéfiants que nous avons du mal à croire qu'ils sont naturels. La traversée du désert de ... participera à cette impression : nous sommes tout petit dans ce No Man's Land, entourés par des volcans aux pentes blanches, avec pour seul spectateur une autruche qui court à côté de la Toyota. Hormis les spectaculaires nuances de tons, ce qui nous frappe le plus est le silence qui règne ici. C'est presque assourdissant, un peu comme lorsque la neige se met à tomber le soir en Savoie.

La route est ensuite plus lisse et fréquentée, nous passons par la ville de Alta, la ville la plus haute du monde. L'appellation Altiplano prend ici tout son sens : à perte de vue s'étend une gigantesque plaine aride entrecoupée par des champs de quinoa, la céréale locale. Notre guide nous arrête au cimetière des trains d'Uyuni pour une demi-heure. Il a l'air d'être à court d'idée ce brave homme. Nous sommes arrivés beaucoup plus tôt que prévuet il cherche à combler notre journée comme il peut. Côté pile, le cimetière des trains donne une image très photogénique, de vieilles locomotives à vapeur qui servaient à tracter les wagons de minerais des mines sont entreposées au milieu de nulle part, rouillant sous le soleil du désert. Mais côté face, c'est un dépotoir pleins de cadavres de bières, de tags et de sacs plastiques prisonniers des carcasses de trains.

Puis la Toyota nous pose a notre hôtel de sel. Et la c'est la grosse déception ! L'agence nous avait vendu un hôtel tout confort, avec douche chaude, chambre confortable et même wifi. Ce sont en fait de petits refuges à l'isolation toute relative (la porte est tellement déformée qu'il faut être 2 pour l'ouvrir/fermer) avec 2 lits le plus sommaire possible et il n'y a qu'une douche pour tout le monde, avec un filet d'eau chaude. Après 3 jours sans se laver, nous l'apprécions malgré tout. Vers 18h nous prenons le chemin du Salar, le clou du spectacle, pour assister au coucher de soleil. Il a beaucoup plut et le salar devrait être recouvert d'une couche d'eau, le transformant en miroir géant. Mais la déception est de taille, le bord du salar est inondé, il n'y a pas de reflet et l'eau est presque noire. Bref c'est moche. C'est un gros coup dur pour moi qui rêvais de voir ce désert. Notre chauffeur refuse de nous amener plus loin pour aujourd'hui et il faudra les palabres de Louise pour lui faire franchir la partie inondée et nous amener 200m plus loin. Tout de suite le salar prend une autre ampleur, le sol est immaculé. Nous ne verrons pas bien le coucher de soleil car de gros nuages sont apparus juste dans l'axe. Mais déjà je suis plus enjoué sur l'état du sol. Demain risque d'être grandiose avec la matinée au milieu de cette étendue de sel. 

Jour 4 : Salar d'Uyuni

Pour le dernier jour, lever à 5h du matin pou assister au lever de soleil sur le salar. Il fait très froid mais l'image est superbe. Nous sommes au bord d'une zone inondée et le salar prend feu sous les couleurs rougeoyantes du soleil. Magnifique. Et derrière nous, à perte de vue, cette surface blanche et plate qui fausse toute les perspectives. Nous nous enfonçons dans le désert pour arriver à un hôtel de sel où le petit déjeuner est servi. Puis nous jouerons avec les perspectives pour faire des photos funs pendant plus d'une heure. A noter qu'il nous aurait fallu un appareil photo de type reflex car la mise au point automatique du notre pose des problèmes de focus.
La différence de température avec ce matin est énorme, le soleil tape fort et se réverbère sur le sol blanc. Ici les températures oscillent entre +40 et -25 degrés. Par endroit, le desert inondé prend des allures de miroir géant, c'est grandiose.

Nous avons décidé de poursuivre la route vers Sucre tandis que Louise et Janouka prennent la direction de La Paz, l'autre capitale. Nous les retrouverons avec plaisir dans 3 jours sur place.

Maintenant il nous faut patienter la journée dans Uyuni. La ville n'a aucun charme, elle semble être plantée en plein milieu de ce désert, construite rapidement pour pouvoir exploiter les richesses du sol local. Heureusement nous trouvons un banc ombragé sur la place principale. L'après midi sera farniente et longue jusqu'à 22h pour le bus de nuit vers Sucre.

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Commentaires: 3
  • #1

    Magali D (samedi, 21 mars 2015 19:03)

    Je ne dirai pas "banalement" maguenifaïque mais plutôt splendide!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

  • #2

    Pauline (vendredi, 27 mars 2015 23:12)

    C'est merveilleux, y a pas de mots, ça donne vraiment envie d'y aller.
    MERCI pour ce partage.
    A bientôt
    bisous

  • #3

    Émilie et Romain (mardi, 31 mars 2015 19:37)

    Merci pour vos messages !
    En effet Magali, le "maguenifaïque" c'est has been ;-)
    Pauline, c'est un plaisir de partager ces merveilles avec vous, merci à toi de nous suivre !
    Gros bisous !!

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