Oruro et Lac Titicaca

Le Carnaval d'Oruro

En ce jour de st Valentin, je pars sans Émilie avec deux autres femmes pour faire la fête. J'accompagne Louise et Janouka au carnaval d'Oruro, le 2ème plus grand carnaval d'Amérique du Sud, après celui de Rio de Janeiro. Départ prévu à 3h du matin, mais le bus n'arrive que vers 4h20, après que notre organisatrice ait passé au moins 10 appels. Ah ! L'organisation bolivienne… Nous atteignons Oruro à 7h. Il pleut légèrement et déjà les vendeurs à la sauvette ont sorti les ponchos et les parapluies des stocks. Nous suivons notre groupe vers nos places en gradin. La ville est en effervescence. Les tribunes provisoires installées le long de la route provoqueraient un ulcère à n'importe quel auditeur qualité français. Après s'être faufilés à nos places, nous profitons de la seule éclaircie de la journée, la pluie arrosant le carnaval, nous trempant jusqu'à l'os.

 

Le défilé alterne les troupes de danseurs / danseuses en costumes, accompagnés de figurants déguisés en diables. Ils sont venus de tout le pays, paradant aux sons des orchestres de trompettes et tambours. Les costumes coûtent parfois plus d’un an de salaire, c’est plutôt paradoxal pour le pays le plus pauvre d’Amérique du Sud. Mais ici c’est une religion, tant pis si les enfants ne vont pas à l’école ou si il faut manger une fois sur deux… Dans les tribunes aussi la fête bat son plein. Les spectateurs s'arrosent à grand coup de bombes à mousse. Heureusement d'ailleurs que nous avons des capuches pour nous protéger car nous sommes des cibles privilégiées, avec Louise qui chambre les locaux (ça doit être l'effet du rhum coca !).

Vers 14h, la pluie est si forte que nous abandonnons nos places pour tenter de trouver un poulet-frites à l'intérieur, en attendant une accalmie. Nos vêtements sont complètement imbibés, surtout les chaussures pour moi, si bien que mes deux québécoises me prennent en pitié et m'achètent des paires de chaussettes sèches au marché. Nous restons à faire sécher nos affaires, pieds nus dans la rue sous le regard dubitatif des passants.

 

Une fois revigorés, nous nous frayons un chemin au travers de la foule et des jets de mousse pour profiter une dernière fois de nos places dans les gradins. La nuit est tombée sur Oruro et le défilé prend une autre dimension : les costumes s’éclairent et brillent de milles feux et les participants semblent avoir un regain d’énergie. L’ambiance reste bon enfant même s'il faut se méfier des pickpockets et aussi des festivaliers malades. 

 

Vers 21h30, nous rejoignons le bus qui doit nous reconduire à La Paz. Au final, nous partons avec 2 heures de retard pour arriver à 3 heures du matin, fatigués et toujours bien humides. Mais nous ne sommes pas au bout de nos peines car notre charmant aubergiste a bloqué la grille de l’hôtel, nous enfermant dehors ! Nous passerons plus d'une heure à sonner, crier et secouer la grille sans succès. Au moment où j’allais me décider à escalader la grille, de la lumière apparaît au fond du couloir : Emilie, tel le messie, vient à notre rescousse. Elle s'inquiétait et est venue voir à l'entrée. Elle réussira à réveiller l’aubergiste au bout de 15 minutes, et il viendra nous ouvrir la grille, à peine confus malgré nos regards glaciaux. Il est 4h30 du matin, je m’écroule sur le lit, pas prêt d'oublier le Carnaval d'Oruro.

Le lac Titicaca

7h. Le trajet s'annonce plutôt agréable : le bus n'a "que" 20 minutes de retard et comme nous voyageons de jour, nous pouvons admirer le paysage. Lorsque nous sortons de La Paz, nous avons tout d'abord un joli panorama sur la ville puis, petit à petit, la verdure se réinstalle, et, enfin... le lac Titicaca apparaît face à nous ! Notre route, à flanc de montagne, surplombe cette mer intérieure. C'est magnifique ! On ne présente plus Titicaca : plus grand lac d'Amérique du Sud en volume d'eau et en longueur, mais pas en superficie. Il est aussi considéré comme le plus haut lac navigable du monde avec une altitude de plus de 3800 m. Après quelques heures de route, nous devons faire une traversée sur un petit bateau, suivi de près par la barge qui transporte notre bus, puis nous arrivons à Copacabana en fin de matinée. Quelle bouffée d'air frais !! Après la folie de La Paz, nous voilà dans un petit village en bord du lac Titicaca, bien plus calme, baigné d'air pur et de soleil dans des températures vraiment agréables. La rue principale est tout de même animée. Hé oui, le carnaval est partout ! Nous nous trouvons un petit hôtel dans une rue calme.

 

Etre à Copacabana, c'est aussi l'occasion de manger une truite à la plancha, dans une des nombreuses échoppes du bord du lac, et ce, pour 25 bvs par personne ! Et pour le prix, nous avons le droit à un spectacle désolant mais habituel ici : en débarrassant une table, le serveur jette d'un coup de pied les canettes de bières vides sur la plage. Il y a encore tellement d'autres pays qui fonctionnent ainsi, sans aucun respect pour l'environnement... Parfois c'est à se demander si nos efforts servent vraiment à quelque chose. L'après-midi, en guise de digestion, nous nous offrons une balade en pédalo sur le lac Titicaca. Et attention, c'est folklo, il nous faut marcher sur un "ponton" qui se résume à une succession de petites planches très espacées, et dont on n'est pas sur qu'elles tiennent vraiment. Il faudra donc bien regarder où on pose le pied sous peine de se retrouver à moitié dans la boue ou dans l'eau. Nous passons un bon moment : et dire qu'on fait du pédalo sur le lac Titicaca ! Ça fait rêver non ?!

 

Dans les rues, les petits stands de produits artisanaux regorgent de vêtements en alpaga, merino... de toutes les couleurs ! Les magasins et échoppes sont ouvertes, le carnaval bat son plein et les baptêmes de véhicules et maisons vont bon train. Ah oui ! En voilà une autre curiosité traditionnelle bolivienne : la bénédiction de voitures et maisons ! La fête de las Alasitas, démarre chaque année à la fin du mois de janvier et se poursuit en février. Les locaux lavent puis décorent les voitures avec des fleurs, des confettis, des serpentins de couleurs avant de les asperger de bière (attention, à l'extérieur ET à l'intérieur !) afin de bénir le véhicule pour éviter les accidents et attirer la chance pendant l’année. Ainsi, nous voyons plein de véhicules aux milles couleurs dans les rues, de la petite voiture au bus en passant par les 4x4 et les van, avec l'odeur de la bière qui plane dans l'air. Et le rituel s'étend même aux maisons ! Mais là, seul le palier de la maison sera aspergé de bière.

Après avoir visité différentes échoppes à choisir notre futur bonnet pour l'hiver Québécois, nous attaquons "l'ascension" du Calderio, ou calvaire de Copacabana, chemin de croix tout en pierre, débouchant sur une superbe vue sur Copacabana. 40 mn de montée, rendues un peu difficiles par l'altitude : 200m de dénivelé pour atteindre 4000 m d'altitude au sommet. Autant dire qu'il nous faut y aller doucement et prendre le temps de reprendre notre souffle ! Nous nous arrêtons alors à chaque croix pour y lire les étape franchies par le Christ, et posons une pierre au pied de chaque croix.
Mais, une fois en haut, la vue en vaut vraiment la peine. D'un côté, panorama sur la ville, entre verdure et briques rouges et de l'autre le majestueux lac Titicaca, qui s'étend à perte de vue. Malheureusement, nous arrivons trop tard et le petit marché qui se tient au sommet a déjà fermé. On y trouve des objets miniatures. Selon une tradition bolivienne, on gravit le chemin de croix, on prie aux quatorze croix et une fois en haut, on trouve sur le petit marché l'objet miniature de son choix en fonction d'un désir, d'un projet, d'un rêve (cela peut-être tout et n'importe quoi : un cabinet de médecin ou d'avocat, une maison, une voiture, un hôpital...). Une fois acheté, l'objet est béni entre pétards et prières, le but étant d'attirer la chance et d'obtenir dans l'année l'objet, en vrai ! 


De retour à l'hôtel, ça sera douche presque froide (malheureusement pas très agréable vu les températures en chute libre la nuit) avant de nous coucher. Outre l'eau jamais vraiment chaude et le wifi pourri, nous rencontrons également souvent un autre problème dans les chambres d'hôtel en Bolivie : il n'y a aucun meuble, chaise ou même tout simplement une patère. On ne peut donc pas poser nos affaires hors du sac et ne pouvons pas faire sécher notre serviette de bain. Pas très pratique... Et ce soir, une autre surprise, mais qui m'est réservée, à moi uniquement : mon lit sent l'urine de chat ! À tel point que ça me réveille plusieurs fois. Glam les hôtels en Bolivie...

Isla del Sol, le berceau de l'empire Inca

Ce matin, départ pour Isla Del Sol. D'ailleurs le Dieu du Soleil nous accompagne en ce début de matinée vers l'île qui, selon la légende, aurait vu sortir de l’eau Manco Cápac et Mama Ocllo, ses enfants, frère et sœur ainsi que mari et femme (bonjour la consanguinité...). Wiracocha, dieu de la pluie et de l’univers leur commanda de trouver un endroit pour bâtir leur empire, c’est alors qu’ils fondèrent Cusco. De là sont nés tout les mythes du lac Titicaca. D'ailleurs, il parait qu'un trésor inca reposerait au fond du lac, ce qui donna lieu à de nombreuses expéditions, dont une menée par le commandant Cousteau himself.


Nous naviguons 1h30 sur le lac Titicaca, au départ de Copacabana avant d'arriver à l'île. C'est très joli mais nous n'aurons qu'une heure pour en profiter (nous sommes partis un peu en retard) et la seule activité que nous pourrons faire sur place vu le temps alloué est de monter voir les ruines pour 5 bvs. Romain y va seul affrontant les quelques 600 marches d'escaliers pour atteindre le sommet de l'île. Le panorama est très beau, c'est calme et reposant. Le retour se fera allongés sur la coque tout en avant du bateau, bercé par le son du Ukulélé de  Janouka. Coïncidence ou pas, la pluie nous arrive directement dessus jusqu'à notre retour à Copacabana. Lorsque la pluie s'arrête, la ville se réveille : les magasins et échoppes sont ouvertes, le carnaval bat son plein et dans la rue principale de Copacabana, il nous faut être très vigilants pour ne pas nous faire arroser par les nombreux groupes de jeunes qui se livrent une véritable guerre avec leurs bombes à eau et pistolets à eau. Des feux d'artifices éclatent même en plein jour. D'ailleurs, les pétards claquent de jour comme de nuit !

Nous profitons des derniers rayons de soleil boliviens avant d'attraper un bus de nuit vers Cuzco et le Pérou. Nous quittons Copacabana, ce petit havre de calme et de nature... La nuit tombe. A travers les vitres, nous voyons de gros éclairs illuminer le lac Titicaca. Superbes images... Hasta Luego Bolivia, benvenidos a Peru !!

À l'entrée au Pérou, dans le bâtiment des douanes, nous remarquons une vitre recouverte d'autocollants en tout genre. Nous en trouvons même un "Tomme de Savoie" !! Nous décidons alors de laisser aussi notre trace et trouvons une belle utilité à l'un des autocollants offerts à notre départ de France par Sabine et Romain : un peu de notre Savoie restera alors au Pérou !

La Savoie présente au poste de douane péruvien de Copacabana !!!
La Savoie présente au poste de douane péruvien de Copacabana !!!

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Commentaires: 2
  • #1

    alexandra bonfand (mercredi, 25 mars 2015 21:20)

    Hello les amis, j'avais vu un reportage sur la Bolivie et le Pérou se sont 2 pays magnifiques... Des merveilles et grâce à vous , vous me donnez encore plus envie d'y emmener ma petite Lou-Ann un jour :-)

  • #2

    Émilie et Romain (mardi, 31 mars 2015 19:29)

    Salut Alex !
    On te confirme : les paysages dans ces pays sont de toute beauté. On te souhaite de les découvrir un jour en famille ! Encore merci de nous suivre !
    À très bientôt !

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