Cusco et le Machu Picchu

Cusco

C'est encore tout endormis que nous arrivons à Cuzco à 6h30. Le taxi qui nous mène à notre hôtel nous donne un premier aperçu de la gentillesse des péruviens, qui contraste avec la froideur de leurs voisins boliviens. Nous sommes agréablement surpris : cette ville est très jolie, et encore plus avec les quelques rayons de soleil qui font leur apparition. Il y a de nombreuses rues pavées, des bâtiments en pierres, les vestiges incas ont été reconvertis en églises et autres bâtiments pendant la période coloniale espagnole. Nous partageons la chambre avec Louise et Janouka pour 15 soles par personne (moins de 5€), avec quatre lits et une salle d'eau privative. Enfin, privative... mais pas vraiment "privée"... Il s'agit d'une petite cabine dans laquelle se trouve un WC, un lavabo et une douche. Et cette cabine est tout simplement en vitre "brouillée". Romain est donc invité à quitter les lieux à chaque passage aux toilettes. 

Il fait beau et Cusco est vraiment une ville charmante et agréable. Nichée en plein milieu de la Cordillère des Andes, elle s'élève à plus de 3300 m d'altitude. Nos corps ont certainement du produire de nombreux globules depuis notre arrivée dans ces pays d'altitude. Car même si nous avons encore le souffle un peu court, nous ressentons beaucoup moins les effets de l'altitude. C'est surtout le point de départ pour une excursion au Machu Picchu. Nous y voilà. Je me rappelle encore quand nous en parlions au début du voyage ! "T'imagine si on arrive à voir le Machu Picchu ?! Faut absolument qu'on le voit ! Ça va être énorme ! Mais ça sera presque la fin du voyage...". Romain et moi voulions prendre le train au départ mais vu les prix exorbitants (160€ l'aller retour par personne pour 2h de train) nous décidons de passer par Hydroelectrica et de marcher le long de la voie ferrée.Mais, en guise de consolation, nous décidons de faire tout de même une petite partie en train au retour. Cela nous coûtera 25 $ par tête, nous monterons à bord de ce si joli train et ferons le reste en bus, avec les filles. 

Tout excités à l'idée de voir le Machu Picchu, nous décidons de fêter ça. Je nous prépare des pâtes au thon et à la crème, pendant que Louise et Romain partent nous acheter du vin ! Malgré notre savoir faire à la française, les pâtes sont un fiasco : le thon et la crème sont de mauvaise qualité et c'est littéralement dégueulasse ! Sans parler du vin, dont le prix un peu élevé n'était finalement pas gage de qualité... bon... nous préférons en rire ! Et ça ne gâche rien : nous sommes fin prêts pour notre découverte du légendaire Machu Picchu !!

En route vers le Machu Picchu 

A 7h25, le minibus pour Santa Teresa passe nous récupérer en plein petit déjeuner. Ah ! L'organisation péruvienne ! Après avoir traversé les bidonvilles autour de Cusco, qui nous donnent un aperçu de la vie locale derrière la facade touristique, les paysages deviennent plus sauvages, montagnards, verts... C'est superbe. Notre minibus roule énergiquement et la dernière partie du trajet est digne d'un film d'aventure : les routes sont en terre, chaotiques et hyper étroites, à flanc de falaise avec une rivière au fort débit en contrebas. Pas de barrière de sécurité, le vide est à pique juste à côté de nos roues. J'ai quelques moments de panique, étant assise côté vide... De temps en temps, notre minibus doit franchir la rivières qui coule directement sur la route. Nous sommes maintenant en pleine jungle, dans une partie de la forêt amazonienne, et la chaleur augmente considérablement.

Nous arrivons à Santa Teresa vers 14h (6h de minibus quand même !). C'est surprenant : une ville de taille moyenne au milieu des montagnes et de la jungle ! Nous avons volontairement fait un stop à Santa Teresa car ses eaux thermales sont très pures et bien plus belles que celles d'Aguas Calientes. En plus, vu la difficulté d'accès, il y a beaucoup moins de monde dans les bassins. 
C'est génial : des bains thermaux creusés au pied des falaises, en plein air. Des cascades d'eau chaude ou froide et des bains entre 37 et 40 degrés. Probablement les plus belles que nous ayons vu. Nous sommes maintenant détendus, prêts à affronter notre journée de marche du lendemain.

Le chemin des backpackers vers le Machu Picchu

Avant de quitter Santa Teresa, nous nous offrons un jus de fruits bien frais pour faire le plein de vitamines, le tout servi dans "Marta", un pichet en verre soufflé en forme de silhouette féminine... Et plutôt généreuse ! Puis le taxi nous mène à Hydroelectrica, le point de départ de l'aventure Machu Picchu. Nous roulons environ 45 mn dans un cadre magnifique, entre les montagnes, avec d'énormes cascades... On présente nos passeports à l'entrée et c'est parti, nous attaquons le fameux chemin qui longe la voie ferrée. Juste un passage de 10mn un peu raide dans la forêt et le reste est un plat légèrement montant pendant plus de 2 heures. Mais le cadre nous fait rêver, la forêt amazonienne avec de hautes montagnes abruptes et cette vallée encaissée. C'est vraiment l'image que nous avions d'un accès vers une cité perdue inca (mise à part la voie ferrée bien sur). Et de temps en temps, nous nous retrouvons tout seuls, comme perdus au milieu de nulle part ! Notre seule compagnie sera de vicieux petits moustiques qui ne nous lâcheront pas du trajet. Un tunnel annonce la fin du parcours. Nous le traversons, plongés dans le noir... Une scène de Walking Dead se pointe sournoisement dans nos esprits...

Arrivée à Aguas Calientes vers 15:30. La ville est en bord d'un torrent au débit impressionnant qui plonge une partie de la ville dans un bruit incessant. Entourée de montagnes, avec des bâtiments majoritairement en pierres, et la rue principale traversée par la voie ferrée, Aguas Calientes a beaucoup de cachet. On dirait une ville de station ! Après avoir pris nos billets de train pour le retour vers Hydroelectrica, le lendemain après-midi, nous rejoignons les filles pour un dîner au resto de l'hôtel, pendant lequel un guide nous donnera toutes les informations nécessaires pour le lendemain. Nous avons décidé de monter au Machu Picchu en marchant, nous allons donc devoir nous lever très tôt !

La cité perdue

4h du matin. Il pleut averse dehors. Difficile de trouver la motivation pour se lancer sur le chemin, nous qui rêvions de voir le lever de soleil sur la cité. Nous emboîtons le pas aux autres courageux marcheurs et quittons Aguas Calientes pour entrer officiellement sur le chemin qui nous mènera directement à ce trésor inca. Une route en lacets permet aux bus d'emmener les touristes. Des roches ont été aménagées en escaliers entre chaque portion de cette route pour les marcheurs. C'est assez éprouvant mais la nuit nous permet de ne pas voir l'ampleur de ce qu'il nous reste à monter, ce qui permet de ne pas se décourager. Comme quoi, on ne va jamais aussi loin que lorsqu'on ne sait pas où on va... ! Enfin, la pluie s'est arrêtée lorsque nous arrivons au sommet, après 1h30 de grimpette. Nous pouvons savourer le goût exquis de la satisfaction du résultat de nos efforts. Nous sommes au Machu Picchu !! Cela fait juste partie des temps forts de notre voyage ! Un incontournable...

Après avoir passé le contrôle des billets et fait quelques pas sur une petite allée, le premier panorama sur le Machu Picchu s'ouvre devant nous. Les cartes postales et les images véhiculées sur le web ne mentent pas : un ancien village incas construit "en escaliers" et parsemé d'une herbe d'un vert qui contraste merveilleusement bien avec le gris des maisons en pierre. Enfin, on y est ! C'est  magique de voir cette merveille "pour de vrai". Nous finissons par trouver notre guide pour plus d'explications sur l'histoire de la cité du Machu Picchu. Durant 1h30, il nous fait parcourir le village en nous expliquant de manière théâtrale la vie de ce village, du temps où il était habité. La maison de l'empereur avec ses 
"baños privados", l'irrigation de la ville et des cultures en terrasse, le Temple du Soleil, la vie politique et religieuse, sa disposition en forme de condor, etc etc...

L'histoire du Machu Picchu est captivante à plus d'un titre. Ils avaient déjà un système de récupération des déchets et de composts qui servaient à fertiliser les cultures. Les pierres de leur construction étaient si ajustées qu'une lame de couteau ne pourrait être enfilée entre deux et les multiples tremblements de terre n'ont pas eu raison de ce joyaux d'architecture. L'étude et l'adoration du soleil était primordiale et régissait la vie du Machu Picchu. D'ailleurs, personne ne sait comment s’appelait vraiment cette ville-forteresse, elle a été nommée du nom de la montagne sur laquelle elle est accrochée par un explorateur anglais au début du 20ème siècle. Les espagnols eux-même ignoraient son existence.

Après la visite guidée, nous nous rendons à l'"Inka Bridge". Il nous faut monter (encore) des marches inégales taillées dans les roches afin d'arriver au début du parcours. Le chemin qui mène au pont des incas est digne d'un décor d'Indiana Jones. Taillé à même la falaise, il est large d'à peine 1 mètre et longe le vide tout le long, sans sécurité. C'est vertigineux, au point de vous faire tourner la tête dès que vous jetez un œil de côté. Et les nuages blancs qui montent contre la falaise contribuent à rendre la balade mystique et vraiment impressionnante : on voit le vide qui tombe à pic mais on ne sait où cela s'arrête. On entend seulement le vacarme de la rivière au fort débit qui arrive d'en bas. En revenant, nous dominons la cité Inca et la brume qui s'élève donne l'impression que le Machu Picchu flotte sur un nuage. Avant de quitter le parc, notre guide nous a parlé d'une petite fantaisie à s'offrir absolument : il est possible de tamponner nos passeports avec un tampon spécial Machu Picchu ! Nous adorons l'idée ! Nous voilà maintenant officiellement visiteurs du fameux Machu Picchu ! L'Unesco parle de fermer définitivement le site car, en dépit de la limitation à 2000 visiteurs par jour, les nombreux pas accélèrent l'usure des vestiges. Avec un peu de chance, notre visa va prendre de la valeur ;-)


De retour à Aguas Calientes, nous récupérons les gros sacs laissés à l'hôtel puis, nous prenons le petit train qui nous ramènera à Hydroelectrica. C'est en fait le même chemin que nous avons emprunté pour venir, en longeant la voie ferrée, mais dans le sens inverse. Le petit train Perurail qui emprunte les rails sillonnant la forêt tropicale entre Aguas Calientes et Hydroelectrica est plein de charme. Propre, avec des vitres sur les côtés et au plafond pour une vue panoramique, il roule tranquillement, sifflant de temps à autre les marcheurs pour qu'ils se mettent en sécurité. Nous retrouvons nos québécoises à notre descente du train à Hydroelectrica et reprenons le minibus ensemble vers Cusco pour une longue route de plus de 6 heures...

Le lendemain, nous passons la journée à attendre dans la salle commune de l'hôtel. Je m'aperçois que j'ai perdu mon bonnet ! Je suis déçue ! Mon sac était tellement plein la veille, qu'il n'arrêtait pas de s'ouvrir. Mon bonnet a du en tomber et doit être maintenant sur les marches qui montent vers le Machu Picchu. Nous tentons de retrouver le même modèle dans les magasins de Cusco mais a part des cochons d'Inde à la broche nous ne trouvons rien. En plus, nous allons nous séparer momentanément de nos québécoises. Louise et Janouka décident de filer directement à Ica tandis que nous maintenons notre passage à Arequipa.

Nous profitons de cette journée et du wifi pour faire quelques recherches : vol retour Londres/Genève, hé oui, il faut bien y penser... Nous cherchons aussi un helpx pour Canada, un moyen d'aller de New York à Montréal, même si je préfère ne pas penser tout de suite au moment où nous devrons (déjà) quitter ma famille...  Nous sommes maintenant à J-6 avant NYC... Je ne peux m'empêcher d'y penser, j'ai tellement hâte ! Louise et Janouka nous quittent vers 17h et, de notre côté, nous embarquons pour le bus de nuit à 19h30, après s'être fait aspergés de mousse dans la rue. Vive le carnaval sans fin d'Amérique du sud...

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Commentaires: 2
  • #1

    Evelyne (lundi, 30 mars 2015 19:26)

    Les paysages sont bluffant... à couper le souffle :-)

  • #2

    Émilie et Romain (mardi, 31 mars 2015 19:47)

    Tu ne crois pas si bien dire Evelyne ! On a beau voir des choses plus belles les unes que autres depuis un an, on s'émerveille toujours autant !

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