Arequipa

Aréquipa : La cité blanche

Arequipa. 7h00. On attend le dernier moment pour descendre du bus, essayant de gratter quelques minutes supplémentaires d'un court repos. Ça sera un passage express à Arequipa, mais il nous reste peu de temps pour visiter le Pérou, notre vol pour New York étant maintenant ferme et définitif, et pour la bonne cause ;-) Nous nous faisons déposer en taxi à la Plaza De Armas, au centre ville et nous marchons un peu autour de la place, à la recherche d'un endroit où prendre notre petit déjeuner. La ville dort encore, tout est fermé... En attendant de voir enfin un bar ouvrir, nous nous installons sur un banc, sur la place des armes, un carré de verdure au milieu d'églises, de cathédrales et de rues sous arcades. Entre les températures matinales et la fatigue, je grelotte. Romain s'en va visiter un peu la grande cathédrale, dans laquelle se trouvent les orgues les plus grandes d'Amérique du Sud ! Puis nous assistons au passage en revue de la police municipale. Et enfin, les premiers bars ouvrent ! Nous nous installons pour un bon petit déjeuner, espérant reprendre des forces et se réchauffer un peu. 


Deuxième ville du Pérou en terme de population, Arequipa est située dans les Andes péruviennes, à environ 2300 m d'altitude. Elle est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco. Elle est surnommée la cité blanche, et à juste titre : ses constructions, basses pour résister aux séismes, sont en sillar, une roche volcanique très claire, ce qui contribue à faire régner une atmosphère tout particulière dans la ville. D’ailleurs, les habitants se plaisent à dire que lorsque la Lune s’est séparée de la Terre, elle a oublié d’emmener Arequipa ! Ici, et dans toutes les villes péruviennes d'ailleurs, la voiture de monsieur Tout-le-monde, c'est la Coccinelle ! Il y en a partout dans les rues et nous trouvons que cela contribue vraiment au charme de la ville.

Nous voulons visiter l'un des lieux d'intérêt de la ville. Nous hésitons entre le Museo Santuarios Andinos et le Couvent Santa Catalina. La principale raison qui attire les visiteurs au Museo Santiario Andinos s'appelle Juanita : il s'agit d'une jeune fille sacrifiée il y a plus de 500 ans par les Incas et dont le corps momifié et en parfait état de conservation a été retrouvé à 6000 m d'altitude en 1995. Le Musée abrite le corps de Juanita, dont les vêtements aussi sont intacts. Malheureusement, lorsque nous nous présentons à l'accueil, on nous informe que Juanita est en "maintenance" et qu'elle ne reviendra au musée que dans quelques semaines.
Déçus, nous partons alors en direction du Couvent Santa Catalina. Autrefois habité par 500 sœurs, il n'abrite aujourd'hui plus que 20 nonnes. À l'intérieur, des ruelles, des cloîtres, des fontaines, l'église Santa Catalina est une ville dans la ville. Mais cette fois, c'est le prix qui nous échaude un peu. Même si nous savons que c'est peut-être notre seule occasion de le voir, les finances s'amenuisent de plus en plus et nous devons faire des choix. Au Pérou, nous ne voulions absolument pas passer à côté du Machu Picchu et nous l'avons fait. Aujourd'hui, nous nous contenterons de visiter la ville d'Arequipa. Pour le reste, "pensons à ce que nous avons vu et non à tout ce que nous aurions pu voir"...

Nous décidons alors d'aller nous promener au marché artisanal. Comme en Bolivie, les étals sont colorés : des monticules de gants, bonnets, écharpes, chaussettes... en laine ou alpaga. Et là, surprise ! Sur un étal, je retrouve le même bonnet que celui que j'ai perdu en descendant du Machu Picchu ! Pourtant, je l'avais cherché, désespérément à Cusco, présentant une photo aux commerçants, mais en vain. Je suis trop contente ! 

Puis, vers 11h, nous retrouvons Lewis et Marine. Nous partons ensemble au marché couvert. C'est une mine d'or de fruits et légumes fort appétissants. On y trouve aussi du pain, des fromages, des viandes, mais aussi quelques originalités comme un stand à jus de grenouille. Bizarrement, le comptoir ne désemplit pas, les péruviens aiment ça. Le défi est lancé : "si tu goûte, je goûte !". Nous regardons alors avec dégoût la serveuse prendre une grenouille dans un seau, lui briser le cou et la jeter dans une casserole d'eau bouillante. A côté, elle rempli un blender de toutes sortes de choses : des graines, un jus verdâtre (mais soit-disant très bon pour la santé), du miel... Puis la grenouille ébouillantée est jetée telle quelle dans le blender. On mixe le tout et on nous remplit un verre de cette épais jus toujours verdâtre et dans lequel, parmi tous les ingrédients, un seul hante nos esprits : la grenouille. Les garçons goûtent, Lewis ferme les yeux et avale rapidement et Romain prend son air détendu et boit plusieurs gorgées. Verdict : ils trouvent que seul le goût du miel ressort avec un arrière goût de café. Au départ, ralliée à la cause de Marine, je refuse de goûter puis, curieuse, j'en prends une gorgeounette (oui, c'est une petite gorgée). En effet, miel et café... mais y'a comme un batracien qui me court dans l'estomac maintenant..! Blurp !

Après cette expérience pour le moins insolite, nous retournons vers la plaza de Armas et nous terminons la journée dans un bar à chocolat organique. I Nous quittons nos amis français en fin de journée et trouvons un combi (petite navette utilisée par les locaux) qui nous emmènera au terminal de bus pour 0,80 soles au lieu de 7 pour le taxi. L'expérience est marrante ! C'est ce genre de mini navette avec un chauffeur et un gars qui reste près de la porte arrière coulissante pour l'ouvrir afin de faire monter ou descendre des gens. Le combi roule comme un dératé dans les étroites ruelles d'Arequipa et il faut être rapide pour y monter et en descendre car l'arrêt ne dure qu'une petite seconde !

Pour cette nuit, nous nous sommes offert un petit luxe : des cama (des sièges plus larges et plus confortables et qui s'allongent un peu plus que les semi cama). Malgré tout, la nuit sera encore très dure pour moi... Le bus roule très vite, sur des routes de montagnes sans sécurité, au bord de grands ravins... Coups de volant, coups de freins... Impossible de dormir plus d'une heure. Je suis épuisée et agacée par ce manque d'égard pour la sécurité des gens. Et pendant la nuit, j'ai encore assisté à une scène désolante : après nous avoir servi les plateaux repas, une hôtesse est passée pour ramasser les déchets des passagers. Une fois le grand sac poubelle rempli, je la voit toquer à la porte du chauffeur. Ce dernier ouvre alors les portes du bus en marche et la dame, s'accrochant d'une main à une barre, élance son autre bras et jette le gros sac poubelle par la porte ouverte, en pleine nature...

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