Huacachina et Paracas

Huacachina, une oasis dans le désert.

Le bus de nuit nous dépose à Ica où un chauffeur de taxi modèle "petit pot de yaourt" nous conduit à Huacachina, cette fameuse oasis dans le désert. C'est drôle, alors que nous étions dans un avion entre Kuala Lumpur et Banda Aceh, dans les premiers mois de notre voyage, je feuillette un magazine et je vois cette image.

"Regarde Romain, au Pérou il y a une petite oasis dans un désert. Ils y ont construit des maisons, des hôtels, des gens y vivent et on peut aller la visiter ! Tu crois que quand on sera au Pérou, on pourra y aller ?"
"Pourquoi pas ?! Note le nom, on verra, si ça se trouve on va y aller !"
"Mouai...  Ça m'étonnerait qu'on puisse, ça doit être hors de prix... Ça semble paradisiaque !" 
Et huit mois plus tard, nous y voilà ! À peine une centaine d'habitants. Et quelques légendes au sujet de la formation de l'oasis. En voilà une bien mignonne : une princesse au cœur brisé a tellement pleuré qu'elle a formé le lagon avec ses larmes. Nous retrouvons sur place Louise et Janouka qui étaient arrivées la nuit précédente. Elles ont tout prévu : elles nous expliquent qu'à part un tour de buggy dans le désert, il y a peu de choses à faire ici. Je commence par prendre une douche, j'en rêve ! Après plus de 48 heures sans douche et à dormir dans des bus...Nous passons l'après-midi à la piscine pour se relaxer avant le buggy.

A 16h30, le buggy vient nous récupérer pour partir à l'assaut des dunes de sable. Nous sommes tout excités, surtout Louise : elle attend le moment du sandboard avec impatience ! C'est parti : notre buggy entre tranquillement dans le désert puis se met à accélérer dans un gros bruit de pétarade ! Le paysage fait rêver et les sensations sont excellentes. Le buggy monte des pentes en travers et les redescend, comme des montagnes russes ! Puis on fait plusieurs arrêts au sommet des dunes, pour les pauses photos et les descentes en sandboard. Le vent qui souffle nous envoie plein de sable dans les oreilles, le nez, les yeux, la bouche... Et les appareils photo n'aiment pas ça non plus. Nous remarquons aussi que nos sandboard sont les plus pourris ! Sangles cassées, planches fendues... Mais qu'importe : nous dévalons les pentes de sable sur le ventre et passons un super moment. Dernier arrêt juste au dessus de l'oasis, ce qui nous permet d'avoir un point de vue magnifique sur Huacachina. Si les couleurs ne sont pas aussi belles que sur la photo du magazine de l'avion, le spectacle n'en est pas moins fabuleux pour nos yeux. Une oasis dans le désert ! C'est la première fois que j'en vois une ! Et finalement, les prix sont abordables. Oasis is good !

C'est au crépuscule que nous revenons à l'hôtel. Nous récupérons nos affaires et nous remettons en route. La dernière étape péruvienne sera Paracas et ses plages pour 3 jours de farniente avant d'affronter l'hiver New-Yorkais.

Paracas, le plein de soleil.

Paracas est une petite ville de bord de mer qui nous fait un peu penser à Palavas-Les-Flots, en version péruvienne bien sur. Il y a plein de resto, hôtels, maisonnettes en construction. Des morceaux de ville en restauration. Paracas est en travaux de tous les côtés, et semble s'embellir à en croire les anciennes constructions que nous pouvons voir. A nous les joies du petit déjeuner en front de mer, de la douceur du sable de plage et le soleil qui bronze nos corps. Bien sur, le revers de la médaille de ces coins touristiques, c'est que les prix sont plus élevés qu'ailleurs et que les locaux sont beaucoup moins avenants que ceux rencontrés précédemment. Les habitants et commerçants sont majoritairement désagréables et juste intéressés par le porte monnaie des visiteurs.

Il fait chaud mais le vent du large est agréable. On flâne, on se repose. Le ceviche est bon, frais du matin et nous en profitons avant le régime burgers qui nous attend aux States. Le soir, nous profitons du balcon de notre hôtel (en construction, sans barrière et avec les tiges en métal qui dépassent) pour se faire un dernier café ou un dernier verre de rhum. 

 

Mais Paracas c'est surtout réputé pour ses paysages sauvages, comme les îles Ballestas, une réserve naturelle où il est possible de voir entre autre des lions de mer, et pour ses plages magnifiques, aux eaux cristallines. Nous zappons volontairement les îles Ballestas, nous avions déjà vu des lions de mer en Nouvelle-Zélande, dans leur espace naturel et nous avons peur que cette sortie soit un ballet de bateaux plein de touristes venant déranger les animaux. Nous rejoignons donc les filles en fin de matinée pour nous rendre avec un taxi pour un tour dans le parc national de Paracas. Les paysages changent du tout au tout, nous sommes maintenant  dans un désert de roche et sable. C'est un des seuls endroits de la planète où la pluie ne tombe quasiment jamais. Des falaises abruptes qui plongent dans les eaux du Pacifique, des condors (les petits mais le spectacle lorsqu'ils planent majestueusement au-dessus de nos têtes n'en est pas moins magnifique), la  playa roja, qui doit son nom à la teinte rougeâtre de son sable... Nous apprécions ensuite 1h30 de pause sur une charmante plage, depuis le temps que nous en parlions de la plage !!

L'aventure vers Lima...

Et voilà... C'est notre dernier jour avec nos québecoises... Dernier jour tout court pour nous au Pérou d'ailleurs. Et donc, dernier petit déjeuner tous les quatre, en mode routards, mais, ce matin, avec du dulce de leche artisanal, s'il vous plait ! Louise et Janouka partent en fin de matinée et c'est avec le cœur lourd que nous serrons contre nous nos formidables québécoises avant de les regarder s'éloigner avec leur taxi... Presque un mois de voyage ensemble entre Bolivie et Pérou, de bons moments partagés, de longues conversations, des rires, de l'entraide. Quelle belle rencontre que cette rencontre là ! 

 

Pour l'heure, notre vol n'étant qu'à minuit ce soir, nous partons profiter de la plage une dernière fois avant le froid de NY. Et c'est aussi un spot de kitesurf. Romain, qui avait perdu tout espoir d'en refaire avant de rentrer en France, est comme un enfant au matin de Noël. Et comble de bonheur, le kite est prêt, y'a plus qu'à enfiler le harnais et à se faire plaisir ! Pendant que Romain s'amuse et fais de beaux progrès avec son kite, je me baigne un peu, et me fais bronzer beaucoup. Les conditions sont idéales pour tout le monde : beau temps, températures plus qu'agréables, vent constant, eau peu profonde. Mais la fin de l'après-midi approche, il est temps de penser à poser le kite et à aller tranquillement à l'aéroport. Il y a de la route, Lima est à environ 300 km d'ici. 

 

Nous récupérons les sacs pour nous entasser dans un collectivo pour Pisco, une ville plus importante à 15 minutes d'ici. Moi avec les deux petits sacs sur moi et Romain avec mon gros sac sur les genoux. Et le gros sac de Romain est calé entre nos nuques et la vitre arrière...! Arrivés à Pisco, nous avons la tête appuyée sur le siège de devant tellement le sac nous tasse ! Nous enchaînons avec un taxi collectif pour rejoindre le terminal de bus. La ville est sale, très bruyante. Nous sommes bien contents de ne pas avoir à rester là ! Au terminal de bus, il y a la queue et il faut payer en cash. Après avoir trouvé un moyen de retirer suffisamment de Soles et de payer nos billets, les ennuis se poursuivent : en discutant par hasard avec le passager qui fait la queue devant nous, nous apprenons que le trajet ne dure pas trois mais quatre heures !! En plus, le bus est en retard ! On risque vraiment de ne pas avoir notre avion. Je cours demander s'il n'y a pas des taxis pour aller directement à l'aéroport de Lima. Un péruvien qui m'entend demander, se rallie à ma cause : il a perdu sa carte d'identité et ne peut prendre le bus, il a lui aussi besoin d'aller à Lima. Il interpelle un chauffeur de taxi, négocie le prix puis me crie de vite mettre mon sac dans le coffre et de monter. J'appelle Romain. Que faire ?? On abandonne le bus ? On monte dans ce taxi ? La tension est palpable. On n'a plus le choix, tant pis, les billets de bus sont perdus, en même temps, ils nous ont coûté à peine 5 € chacun, c'est pas cher payé pour éviter de rater notre avion !

Entassés à 5 dans un taxi, on part vers une autre ville de laquelle on devra trouver un autre moyen pour aller jusqu'à Lima. On doit encore s'arrêter dans un ATM car nous avons utilisé tout notre cash pour les billets de bus ! Nous sautons ensuite dans un collectivo pour finir le trajet jusqu'à Lima. Cette fois, nous décidons de prendre une place supplémentaire pour nos gros sacs car il y a quand même encore 1h30 de trajet. Charli, le péruvien sans carte d'identité, est coiffeur et surtout, c'est un drôle de personnage ! Il ne parle que de "son produit" capillaire qu'il tente de vendre partout dans le monde, il nous montre des dizaines de selfie de lui avec son produit. Une fois à Lima, l'aventure ne s'arrête pas là : Le collectivo nous dépose au milieu du périphérique. Nous prenons alors un autre taxi pour l'aéroport. L'heure tourne, il est déjà 22h. Le coiffeur explique au chauffeur qu'il doit vraiment faire vite. Il se fait déposer au centre ville, nous le saluons chaleureusement et continuons notre route. Il y a des bouchons, le stress monte encore d'un cran. Enfin, alors que nous sommes presque arrivés, notre taxi se fait arrêter par les flics ! Il aurait soit-disant grillé un feu rouge ! N'importe quoi ! Désespérée, je vais voir l'agent, lui montre nos billets d'avion en pointant le doigt sur l'horaire d'enregistrement, je le supplie de nous laisser partir. Il est maintenant presque 23h, notre vol part à 0h20 ! Il finit par accepter mais garde le permis du chauffeur de taxi en caution, notre chauffeur n'en a donc pas finit... Nous arrivons in extremis, à 15mn de la fermeture du contrôle ! Nous sommes en tenue de plage, encore plein de sable, nous avions prévu de nous changer à l'aéroport, pensant initialement être laaaarges ! New York en mars en short et en tong, c'est certain, ça va pas le faire !

Finalement, après avoir couru dans l'aéroport, nous arrivons à la porte d'embarquement et consultons l'écran des départs : notre avion aura 1 heure de retard... On est partagés entre le soulagement et la déception d' avoir tant stressé et couru pour rien ! Mais c'est le soulagement qui l'emporte : nous allons pouvoir nous changer et manger un morceau ! Car, blague à part, nous mourons de faim ! Que d'émotions ! À aucun moment je n'ai vraiment imaginé rater cet avion : je dois retrouver mon papa, ma sœur et mon futur beau-frère demain, à New York. c'est demain que je les prendrais dans mes bras, après 10 mois de séparation, je n'attendrai pas un jour de plus, c'est sur...

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Commentaires: 2
  • #1

    Marlène (mardi, 31 mars 2015 09:47)

    Quelle panique!! ça m'a fait stresser de vous lire!! Mais tout est bien qui fini bien finalement! C'est ça l'aventure ;-)

  • #2

    Evelyne (mardi, 31 mars 2015 20:34)

    et ben c'était stressant de vous lire aussi !!!! :-)

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