La Route de la Mort en VTT

Après avoir fait le tour des agences « sérieuses » de La Paz et d’avoir laissé Lewis en maître négociateur nous dégoter un prix intéressant, nous voilà inscrits pour une descente en VTT sur la fameuse Route de la Mort, qui relie La Paz par le col de  la Cumbre à 4724m d’altitude vers Coroico, situé 3600m en contrebas dans la jungle amazonienne. Une nouvelle route a été construite depuis quelques années, permettant aux cyclistes de descendre l’ancienne, à la recherche du grand frisson. Pour corser un peu le tout, notre descente aura lieu un vendredi 13…

Notre bus nous récupère à 7h le matin pour nous amener à la Cumbre 2h plus tard (dont 1h15 juste pour sortir de La Paz). Après un petit déjeuner sommaire et les inévitables feuilles de coca, nous enfilons nos équipements (comme si leur casque pouvait nous protéger d’une chute de 1000m) et attrapons nos vélos pour s’engager sur la première partie de la route, dans la pluie et le brouillard. Celle-ci est fréquentée et de nombreux camions surgissent de nulle part, prenant parfois les deux voies. Il nous faut rester vigilant. Dommage que la météo soit pourrie car le rythme lent nous aurait laissé le temps d’admirer le paysage. Après 30 minutes de descente, nous remontons dans les minibus car la route elle aussi remonte. Nous serons déposés 10 km plus loin, cette fois sur le début de la piste en terre, pour rentrer dans le vif du sujet. La végétation est déjà plus dense et verte, signe que nous sommes en dessous des 4000m. 

Le problème dans un groupe de 30 personnes, c’est qu’il y a toujours une sorte d’inertie avant que tout le monde soit prêt à partir. C’est d’autant plus frustrant quand tu es dans les premiers à attendre. Il nous faudra bien 45 minutes avant de pouvoir enfin s’engager dans la partie « dirt », en terre. Dès les premiers tours de roues, l’excitation est à son comble. La route ne présente aucune barrière de sécurité et fait parfois moins de 2m de large, taillée entre la montagne et des ravins de 1000m à pic. Mais passé les 20 premières minutes, il faut se rendre à l’évidence : même si le risque 0 n’existe pas, il est aujourd’hui bien plus vendeur que réel. Le rythme de descente est lent, le guide freinant volontairement pour brider les plus casse-cous (dont nous), la route est bien entretenue, sans piège ni difficultés technique et surtout plus personne ne l’emprunte dans l’autre sens. Bref, nous changeons notre fusil d’épaule et laissons les furieux de la GoPro se faire plaisir pour nous concentrer sur le paysage. Et quel paysage : au-delà des précipices, la brume se lève pour découvrir la jungle amazonienne accrochée aux montagnes. En contrebas, nous voyons la route qui serpente, suspendue au vide dans cette couverture verte.

De temps à autre, une cascade traverse la route et donne lieu à la séance photo typique, ou encore le bord du précipice, où nous attendons notre tour, hors champ de la caméra, entassés avec nos VTT à suspension (d’ailleurs, inutile de prendre un « tout-suspendu », nous avions juste une suspension avant et c’est largement suffisant et bien moins cher). La descente est populaire, nous la partageons avec au moins 5 agences différentes, si bien que nous sommes rarement seuls. Mais cela n’enlève rien à la beauté des lieux ni au fun de la petite session VTT. Plus le chemin descend et plus la température augmente, si bien que pour les 15 derniers kilomètres, nous finirons juste en t-shirt. 

Lorsque nous arrivons à Coroico, les vélos et l’équipement sont récupérés par le staff pour être nettoyés pendant que nous patientons au soleil, profitant des 35°C de la jungle amazonienne. Le prix comprenant le repas, nous sommes conduit dans un petit restaurant où un buffet poulet-frites (copieux) nous attend. Mais nous sommes loin des 3 heures de détente prévues : le conducteur nous laisse une heure et demi pour manger, prendre une douche et profiter de la piscine car il faut compter 3h30 de retour par la nouvelle route avant la fermeture du col. Si la douche chaude est appréciée, il n’en est pas de même pour la piscine, dont la construction n’est même pas terminée !?! L’organisation à la bolivienne quoi…


Au final, l’expérience Route de la Mort fut bien fun avec Lewis, les paysages superbes et surtout impressionnants. Par contre, amateurs de grosses sensations, revoyez vos exigences à la baisse sous peine d’être vraiment déçus.

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